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Emmanuel Gaillard, une star sans chichi

Par ONDINE DELAUNAY

Il y a certaines règles à suivre par tous les journalistes quand ils rédigent leurs articles, notamment celle de ne jamais écrire à la première personne du singulier. Et bien pour celui-ci, je vais faire une exception. Car Emmanuel Gaillard vaut bien qu’on dépasse certaines bornes, lui qui a tellement fait bouger les lignes.

Je me souviens de notre première rencontre. Jeune diplômée, à peine dotée de ma carte de presse, j’étais envoyée interviewer le cador de l’arbitrage international : le professeur Gaillard. Rendez-vous était pris à son bureau de l’avenue des Champs-Élysées, dans les locaux parisiens de la prestigieuse firme Shearman & Sterling. Quelle surprise de me retrouver alors face à un homme doté d’une capacité d’écoute rare et d’une élégance naturelle indéniable. Vous étiez loin du cliché de rat de bibliothèque, cher Emmanuel !

Exigeant avec les autres, vous l’étiez surtout avec vous-même. Fort d’une puissance de travail remarquable, d’une vaste culture générale, mais surtout d’une curiosité sans égale, vous aimiez échanger et transmettre. Vous étiez d’ailleurs toujours professeur à Harvard et à Yale et disiez trouver vos étudiants impressionnants. Loin d’être donneur de leçons, vous étiez « une star sans chichi », comme l’avait écrit Nathalie Bru, dans votre portrait paru dans le magazine LJA, en septembre 2014. Ce titre, il vous avait fait rire et vous m’aviez dit l’avoir beaucoup aimé. Je le reprends donc ici, comme un hommage, cher Emmanuel. Même si je ne doute pas que votre classement, chaque année, dans le numéro de Vanity Fair des 50 personnes les plus influentes au monde, vous apportait plus de satisfaction – et c’est bien normal.

Vous étiez sans conteste devenu une sorte d’emblème pour la génération des quarantenaires arbitragistes. Emmanuel Gaillard, l’icône mondiale de l’arbitrage international. Les messages qui s’amoncellent sur les réseaux sociaux en votre honneur n’en sont que le révélateur. Ils viennent de tous les continents, sont écrits dans toutes les langues. Ce qui vous plairait, vous qui étiez farouchement attaché au multiculturalisme. Beaucoup de ceux qui vous rendent hommage aujourd’hui sont d’ailleurs passés dans votre équipe, ont suivi vos cours ou vous ont croisé sur un dossier. Aujourd’hui, tout le monde est sous le choc. Tout le monde vous pleure.

D’autant que vous nous quittez alors que vous débutiez tout juste une nouvelle aventure. Celle à laquelle vous m’aviez dit avoir réfléchi durant ces longs mois de confinement, vous qui, voyageur infatigable, avez été contraint de laisser votre passeport sur le bureau et de poser vos valises dans votre maison familiale en France. Et tout compte fait, vous reconnaissiez que c’était plutôt agréable de ne plus courir après les fuseaux horaires pour profiter un peu plus des vôtres. « Je préfère me rappeler les aspects positifs de cette année 2020 de Covid », m’aviez-vous indiqué. Vous disiez aussi avoir pris goût aux visioconférences que vous jugiez efficaces, même si je crois surtout que vous cherchiez à me démontrer être un avocat résolument moderne ! Car tout le monde le sait, cher Emmanuel, vous aimiez avant tout les rencontres. Enfoncé dans votre fauteuil en cuir noir de votre bureau, vous fixiez votre interlocuteur avec vos grands yeux bleus et votre large sourire, prêt à aider, soutenir, conseiller, assister.

Nous avions longuement échangé lorsque vous aviez décidé, avec votre fidèle équipe, de donner un nouveau tournant à votre carrière pour monter une nouvelle boutique d’arbitrage international. Gaillard Banifatemi Shelbaya Disputes, un cabinet que vous vouliez résolument tourné vers l’avenir. Je vous avais fait remarquer qu’en 2014, lorsque Jan Paulson et son équipe avaient fondé Three Crowns, vous ne pensiez pas que le modèle de boutique internationale pouvait être adapté à la matière arbitrale. Mais vous aviez changé d’avis, car ce format était la seule façon pour vous d’éviter des conflits d’intérêts qui vous frustraient de plus en plus, notamment en Oil & Gas. En revanche, vous n’aimiez pas le qualificatif de boutique, vous lui préfériez celui d’institution mondiale de conseil devant les arbitres.

Je suis sûre que vous ne m’en voudrez pas de révéler ici quelques une de vos confidences. Car ce qui vous importait, c’était surtout de continuer à exercer votre métier. Vous aviez fêté le 1er janvier dernier vos 69 ans et n’étiez pas en âge de prendre votre retraite, affirmiez-vous avec conviction. Même si tous les ans, vous y réfléchissiez rapidement avant de vous accorder dix ans de plus. Et ce cabinet, c’était votre nouvelle jeunesse.

La vie en a malheureusement décidé autrement. Mais votre dernière œuvre perdurera après vous, je l’espère sincèrement.

Au revoir cher Emmanuel, vous allez nous manquer. 

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