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"Les projets d’entrepreneurs tournés vers l’Afrique connaissent un véritable foisonnement" : 3 questions à Benoît Le Bars sur le projet MIDAA

Par LJA - LETTRE DES JURISTES D'AFFAIRES

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Benoît Le Bars, managing partner et avocat associé du cabinet Lazareff Le Bars


Le cabinet Lazareff Le Bars lance la version numérique et bilingue du MIDAA (Magazine international du droit des affaires en Afrique), www.midaa.com, dédié à l'entrepreneuriat en Afrique. Entretien avec Benoît Le Bars, managing partner de Lazareff Le Bars et initiateur du projet MIDAA.

Pourquoi accompagner le magazine MIDAA d'un site internet ?
Benoît Le Bars : Plus qu’un accompagnement, ce que nous avons conduit avec le magazine MIDAA en version numérique est une véritable nouveauté et une œuvre unique de communication pour un cabinet d’avocats. Le MIDAA a été créé il y a quatre ans pour donner une autre image de l’entrepreneuriat en Afrique, pour partager des expériences, exposer des défis, décrypter les difficultés à surmonter, tout en exposant ce qu’est l’Afrique d’aujourd’hui, notamment dans sa dimension culturelle et sociale. Travaillant depuis près de 20 ans sur des projets en Afrique, nous avons souhaité, avec ce magazine, transmettre l’énergie qui nous anime et l’incroyable dynamique des projets d’entreprises qui se développent.

L’édition papier que nous avons alors éditée s’est rapidement révélée limitée : difficile à éditer totalement en deux ou plusieurs langues, peu transportable car le « print » dépend de circuits postaux pas toujours efficaces sur le continent,... La revue a suscité des remarques de nos lecteurs souhaitant pouvoir y accéder partout, quand ils ont le temps ou souhaitent réaliser une recherche pour voir ce qui se fait sur le terrain dans la région où ils souhaitent investir.

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Midaa.com, la version numérique du magazine


C’est ce qui nous a donné l’idée de passer d’une édition papier avec comité de rédaction et délais de bouclage, à une version totalement numérique, avec des mises à jour en instantané quand les articles sont prêts, permettant d’identifier les sujets les plus consultés et de rechercher dans l’ensemble des articles déjà publiés par thématique, tout en qualifiant les actualités ou informations publiées par d’autres médias.

Cette mutation est aussi une manière de s’adapter aux réalités des entrepreneurs, investisseurs, juristes et initiateurs de projets contemporains


Cette mutation est aussi une manière de s’adapter aux réalités des entrepreneurs, investisseurs, juristes et initiateurs de projets contemporains. De moins en moins abonnés à des revues papier, de plus en plus nomades, présents sur les réseaux sociaux, à la recherche d’idées nouvelles ou d’informations accessibles dans leur langue, nos lecteurs pourront s’approprier la revue, l’utiliser, la diffuser, en faire un outil de partage et d’exemplarité pour mener leurs projets, former les jeunes, chercher de nouvelles pistes. C’est vraiment cet esprit collaboratif et ouvert, qui nous fait accueillir tous auteurs quels que soient leurs horizons, qui guide notre projet avec cette revue d’un nouveau genre.

Comment expliquez-vous l'attrait des investisseurs pour l'Afrique ?
B. L.-B. : Les deux premiers facteurs sont certainement économiques et politiques. Sur le plan économique, la croissance est vraiment arrivée en Afrique par le désenclavement technologique, l’accès à l’information et l’explosion des initiatives privées en faveur d’un développement du niveau moyen de revenus. Les disparités existent toujours, notamment entre villes et campagnes, zones côtières et celles nécessitant la construction d’axes de transport, mais progressivement la croissance et un nouveau mode de vie à l’africaine, fait de tradition et de plongée à 100% dans les nouvelles technologies, émergent. Nous le constatons tous les jours en accompagnant des projets sur le terrain.

Sur le plan politique, les décideurs ont pris conscience de la place que pouvaient jouer leurs pays dans le monde, du fait que les logiques de marchés se soient inversées, par une demande du nord vers le sud en termes d’opportunités de contrats, par une prise de conscience progressive de la nécessité d’une croissance par la richesse partagée, une éducation plus accessible, une meilleure alphabétisation des populations les plus fragiles et l’accroissement de l’équilibre homme-femme.

La place de la femme dans l’entreprenariat africain est un fait particulièrement saillant, qui joue un rôle très particulier sur le partage des résultats de la croissance


À cet égard, la place de la femme dans l’entreprenariat africain est un fait particulièrement saillant, qui joue un rôle très particulier sur le partage des résultats de la croissance. Plus dans une logique de distribution du résultat que leurs homologues masculins, les femmes entrepreneurs sont un véritable atout pour l’Afrique et elles sont présentes dans tous les secteurs, y compris l’agriculture ou la finance. C’est d’ailleurs pourquoi la responsable de ce projet chez Lazareff Le Bars est une consœur, Me Jennifer Juvénal, qui connaît très bien l’Afrique.
Sur le plan sociologique enfin, le rajeunissement accéléré de la population, s’il constitue un défi pour l’avenir, est aussi une véritable force naturelle de l’Afrique par le dynamisme qu’elle apporte, la recherche de nouvelles solutions et de débouchés. Il ne faut pas occulter cette réalité qui impacte profondément le continent.

En quoi consiste le projet de la plateforme "entrepreneur africa" que vous allez lancer ?
B. L.-B. : Dans la dynamique du MIDAA, nous avons souhaité expliquer à nos clients et partenaires comment nous abordons notre mission de conseil en Afrique. L’avocat moderne n’est plus simplement un professionnel du droit ou de la régulation, il doit mettre son savoir-faire, sa connaissance de zones géographiques, de pays, de régions, au service des projets que portent les initiateurs qui viennent le consulter.
Positionné plus en amont de la mission de conseil traditionnel de l’avocat, « entrepreneur africa » est une initiative qui permet de structurer les projets plus tôt, de penser leur optimisation juridique et financière, les business model, avec d’autres professionnels non-juristes, pour servir au mieux chaque porteur de projet.
À l’instar de l’Afrique qui n’est pas uniforme, les projets d’entrepreneurs tournés vers l’Afrique connaissent un véritable foisonnement, qu’il s’agisse des secteurs d’industries concernés, des approches, de la dynamique de partage et de constitution de réseaux par-delà les frontières physiques. C’est cette dynamique-là, d’un savoir-faire au service de l’innovation et des idées nouvelles que veut accompagner « entrepreneur africa », en expliquant ce que nous faisons, comment nous pouvons le faire, afin d’anticiper au mieux les difficultés et de concevoir les projets comme des étapes à atteindre plutôt que comme des barrières à franchir.

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