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Frédéric Sicard : "Ne rien s’interdire tant que cela contribue au développement et au rayonnement de notre profession"

Par Laurence Garnerie

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@Pierre-Marie Croquet" width="280" height="393" /> Frédéric Sicard, bâtonnier de Paris @Pierre-Marie Croquet

Le 4 janvier dernier, Frédéric Sicard a officiellement pris ses fonctions de bâtonnier de Paris. Désormais à la tête des 25 000 avocats parisiens, il entend bien profiter de son mandat pour dépoussiérer l’image de la profession. Un coup de frais qui passe également par le barreau d’affaires...

Quels sont vos projets pour le barreau d’affaires de Paris ?
Frédéric Sicard : Notre priorité sera de favoriser et de valoriser l’activité du barreau d’affaires parisien. Je suis absolument persuadé qu’il a déjà tout son poids dans le conseil, l’audit et la réflexion stratégique, mais je suis également persuadé que l’on peut faire encore plus, notamment auprès des PME. Nous pouvons le faire en faisant écho à la politique de développement économique qu’appelle de ses vœux le gouvernement actuel, à savoir en créant un statut de correspondant à l’intelligence économique, à l’information, à la stratégie et à la sécurité économique dans ces entreprises. Cela supposera évidemment de renforcer les moyens en termes de déontologie, c’est à dire en termes de secret, de conflits d’intérêts et de niveau de formation, mais cela permettra à terme de valoriser le rôle stratégique des avocats auprès des PME ainsi que leur prestation, puisque tout cela ne peut se faire que contre rémunération. Nous réfléchissons actuellement à la création de ce statut, et il sera examiné au cours de l’une des premières séances de février 2016. Il me semble important pour le développement économique des cabinets d’affaires de récupérer ce marché du conseil de droit. Il ne faut pas être le dernier wagon du train, mais tous les wagons du train.

En parlant de secret, quelle est votre position vis-à-vis de l’avocat en entreprise ?
F. S. : Je ne me laisserai pas entraîner dans le débat, sauf si l’on parvient à sortir des postures et s’il n’y a pas de passage en force. Rien ne doit aboutir tant que la majorité des avocats n’est pas d’accord. De mon point de vue, ce statut ne peut exister que si des projets de contrats très précis sont élaborés. L’autre possibilité serait de ne conserver que le titre d’avocat en entreprise, sans la déontologie, comme en Allemagne. Mais quoi qu’il en soit, si l’on force la main de ma profession de quelque manière que ce soit, je n’hésiterai pas à défiler dans la rue. On ne peut accueillir sereinement de nouveaux avocats parmi nous si nous les accueillons en force.

Vous aviez déclaré vouloir encourager la modernisation de la profession d’avocat. Quel regard portez-vous par exemple sur les sites juridiques en ligne ? Est-ce que cela représente un danger ou un marché à conquérir ?
F. S. : C’est indéniablement un marché, mais également un danger si nous ne le maîtrisons pas. Les avocats doivent se saisir de l’avance actuelle de la France dans ce domaine, non pas pour en faire une finalité mais bien un moyen de développement. Je ne suis pas particulièrement favorable à la création de la propre plateforme de l’Ordre des avocats de Paris, pour la simple raison que nous ne pourrons rivaliser avec la rapidité d’imagination des start-uppers et des développeurs, mais il est néanmoins nécessaire d’accompagner cette évolution.

Comment cela pourrait-il se traduire ?
F. S. : J’imagine par exemple un label "Ordre de Paris" qui viendrait valoriser les sites qui acceptent de respecter nos principes éthiques et nos valeurs : le secret et l’absence de conflits d’intérêt, bien sûr, mais également une part d’humanité qui justifie qu’une consultation juridique en bonne et due forme ne peut se faire en ligne. Cette question déontologique peut être réglée facilement, mais elle doit l’être rapidement si l’on ne veut pas que cette avancée technologique ne nous déborde. En outre, je ne vois aucun inconvénient à ce que certains avocats, sous réserve de l’autorisation du conseil de l’Ordre, nouent un partenariat avec des informaticiens en vue de créer une société dont ils seraient ensemble co-gérants et qui aurait elle-même des partenariats déclarés avec des cabinets d’avocats en vue de les valoriser. Seule condition : qu’un cadre éthique drastique et clair soit posé. À partir de là, je suis d’avis qu’il ne faut rien s’interdire tant que cela contribue au développement et au rayonnement de notre profession.

Qu’en est-il du fonds de soutien économique doté de 500 000 euros que vous souhaitiez mettre en place pour promouvoir l’esprit entrepreneurial ?
F. S. : Le fonds de soutien créatif, sur lequel sont actuellement en train de travailler d’arrache-pied Catherine Brun-Lorenzi, Jean-Robert Campana et Cyrille Niedzielski, sera créé courant février. Il s’agit d’un coup de pouce financier pour le barreau d’affaires dont l’avenir réside non seulement dans un réel développement imaginatif et des idées toujours plus innovantes, mais également dans les moyens économiques nécessaires pour les concrétiser.

Votre campagne menée aux côtés de Dominique Attias a beaucoup tourné autour des cabinets dits "traditionnels". Est-ce aujourd’hui un handicap pour vous vis-à-vis des avocats d’affaires ?
F. S. : Je pense que nous nous sommes adressés à tout le monde, sans exclusivité. Dans mon esprit, il y a autant de noblesse à être un avocat de base qu’à être un grand avocat d’affaires. Les deux sont une forme d’exercice du même métier, qui n’a de sens qu’à condition que nous servions de repères éthiques à nos clients.

Propos recueillis par Chloé Enkaoua


Cet article a été publié dans la LJA 1241 du 1er février 2016

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