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Nathalie Attias et Nicolas Lerègle : "l’Ordre se grandirait de ne pas se contenter de 11.000 votants sur 27.000 avocats"

Par Laurence Garnerie

Nathalie Attias et Nicolas Lerègle, associés au sein du cabinet Anslaw, sont candidats au bâtonnat 2016 du barreau de Paris. Parmi les points forts de leur programme, figure notamment l'inversion au bout d'un an des fonctions entre bâtonnier et vice-bâtonnier, dont les mandats ne seraient pas renouvelables. Ils expriment ici leurs idées sur les sujets touchant principalement le barreau d'affaires. 

Que pensez-vous de la nouvelle direction prise par l’AFJE et le Cercle Montesquieu en faveur de la reconnaissance de la confidentialité des avis des juristes d’entreprise ?
Nicolas Lerègle et Nathalie Attias : Elle va dans le sens de leurs intérêts. Il existe une volonté d’aboutir à la création d'un statut de juriste d’entreprise qui soit le « canada dry » de l’avocat. Mais que vaudra cette confidentialité dans un univers, celui de l’entreprise, dans lequel le secret des affaires n’existe pas en droit, et en pratique relève de la conscience professionnelle de personnes qui ne sont pas nécessairement des juristes. Et puis quels juristes d’entreprise et quels avis seront concernés ? Le directeur juridique ou le stagiaire ? L’avis à usage interne ? Mais dans ce cas, comment celui qui le reçoit et qui n’est pas juriste est-il garant de cette confidentialité ? Le secret des affaires a été retiré de la loi Macron – ce qui est bien dommage, admettons-le – ; quant à l' avocat salarié en entreprise, c’est un être hybride mais surtout virtuel aujourd’hui.

"Si les avocats devaient payer pour l'AJ, nous serions en pleine double imposition"

Quelle est votre position sur la taxation des cabinets d’avocats comme moyen de financer l’aide juridictionnelle ?
N.R. et N.A. :
En Chine, on demande à la famille d’un condamné à mort de rembourser à l’État la balle qui a servi à son exécution. Demander aux avocats de payer pour l’AJ procède de la même logique. Certes, au niveau de l’avocat intervenant, l’essentiel est bien entendu d’être rémunéré pour son intervention. Cependant, avec un peu de hauteur, on se rend compte de ce qu’une telle logique a de pervers. Nous serions en pleine double imposition, en tant que citoyen dont l’impôt alimente le budget de la justice et comme avocat. Maintenant, comme pour beaucoup, la Chine est un exemple !

Craignez-vous que le plan de lutte contre le financement du terrorisme, sur lequel le gouvernement travaille, revienne à remettre en cause le mécanisme français de déclaration de soupçon ?
N.R. et N.A. :
Le terrorisme aujourd’hui est fondamentalement nihiliste de nos valeurs, de notre droit et de notre pacte social. Ce n’est plus Carlos tuant deux agents de la DST ou Action Directe un général, ce sont des gens dotés de moyens financiers considérables pouvant interrompre une chaine comme TV5 pendant 24 heures, recruter des centaines de jeunes et les renvoyer ensuite, disposant de relais politiques, financiers et économiques. Et nous sommes en guerre contre ces gens-là. C’est un lieu commun mais l’argent, le fil d’Ariane des terroristes d’antan, est toujours le nerf de la guerre. Il faudra donc bien admettre un renforcement des processus permettant de traquer des circuits financiers dont les finalités ne sont pas conformes à nos valeurs et à nos intérêts.

"La défense du périmètre du droit repose sur un principe universel d'égalité des citoyens devant la loi"

Quelle est votre position sur la défense du périmètre du droit ?
N.R. et N.A. :
Elle est fondamentale pour les avocats autant que pour les justiciables et, par-delà, la société. Pierre Dac rappelait fort justement que « quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limite ». Le périmètre du droit et le monopole d’exercice qui y est attaché bornent notre profession et lui donne sa légitimité. Vouloir à toute force ouvrir celui-ci à d’autres professionnels revient à galvauder le droit et oublier son rôle de ciment social. Si l’exercice du droit devenait l’apanage de tous, nous ne serions pas les seuls à y perdre beaucoup, la société serait fragilisée par une pratique et un savoir-faire à plusieurs vitesses. Nous assisterions alors vraiment à un accroissement des inégalités sociales. Loin d’être une position corporatiste, cette défense repose sur un principe universel d’égalité des citoyens devant la loi.

La représentation du barreau d'affaires au sein des instances ordinales vous paraît-elle adaptée à son poids économique ?
N.R. et N.A. :
La présence des représentants des avocats au sein des instances ordinales, en particulier le conseil de l’Ordre, procède d’un exercice qui était, jusqu’à cette élection, démocratique et loyale : le vote. Celui qui vote peut être mieux représenté que celui qui s’abstient. Nous ne souhaitons pas un barreau à plusieurs vitesses, avec un barreau d’affaires – dont nous serions heureux d'avoir la définition – qui côtoierait un barreau qui ne le serait pas… Plus que de s’interroger sur la représentativité du barreau d’affaires, il conviendrait de se donner les moyens de faire voter un plus grand nombre d’avocats que ceux qui le font aujourd’hui. L’Ordre se grandirait de ne pas se contenter de 11.000 votants sur 27.000 avocats. Mais nous n’en prenons pas le chemin au regard de la discrétion de violette dont l’Ordre fait preuve à propos de l’actuelle élection. On change les dates, on est proche des vacances d’été, on ne communique pas… Ce n’est pas comme cela que l’on va mobiliser.


Propos recueillis par L.G.

Pour en savoir plus sur la candidature de Nathalie Attias et Nicolas Lerègle : https://leregleattias.wordpress.com

Les élections au bâtonnat et au conseil de l'Ordre auront lieu les 23 et 25 juin 2015 pour une prise de fonction au 1er janvier 2016, dans le cadre de la campagne au bâtonnat du barreau de Paris, retrouvez également :
- l’interview de Laurent Martinet, candidat avec Marie-Alix Canu-Bernard ;
- l’interview de David Gordon-Krief et d’Hubert Flichy ;
- l'interview de Frédéric Sicard et Dominique Attias ;
- l’interview de Benoît Chabert et Philip Cohen ;
- l'interview de Patrice Rembauville-Nicolle.

Sont aussi candidats au bâtonnat 2016 du barreau de Paris : Jean-Louis Bessis, Isabelle Dor, et Guy Fitoussi.

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