Contentieux : faire co-exister le calendrier de communication et le calendrier judiciaire, une affaire de stratégie
En cas de contentieux, la communication est essentielle. Maîtriser tous ses aspects permet non seulement d’éviter des enjeux supplémentaires, mais parfois même de contribuer à une résolution bien meilleure qu’initialement attendu. Une des dimensions clé à prendre en compte est celle de la temporalité et donc du calendrier.
Avant toute chose, la stratégie liée à la communication doit être présente dès l’amont de l’ensemble des réflexions et stratégies envisagées dans le cadre d’un contentieux, en coordination avec les équipes légales et opérationnelles. Et rester coordonnée de manière étroite avec le reste des actions et concertations. Dans nombre de contentieux impliquant des entreprises, la communication est associée d’entrée de jeu dans les discussions stratégiques, non seulement dans la gestion du contentieux, mais dans l’après, pour la suite des opérations et des activités.
Penser que la communication ne se traite qu’en aval, en dernier lieu, est un risque assuré de crise : la communication n’est pas « communiquer » en tant que tel, n’est pas « rendre public », mais bien gérer toute interaction possible avec les parties prenantes, y compris les plus éloignées. Même si au final, rien ne sera dit, communiqué, publié, cela doit être intégré dès le début et mis en application tout au long du contentieux, en sachant que la stratégie peut évoluer.
Par ailleurs, il n’y a pas qu’un seul calendrier : il en existe en fonction de la plupart des parties prenantes. Sans oublier leurs temporalités. Tout peut diverger, se chevaucher et dans l’appréhension d’un contentieux, il est utile d’opérer une évaluation complète, avant de croiser calendriers et temporalités :
1/ Les différents calendriers judiciaires : il faut tenir compte des juridictions, pays, procédures, autorités impliquées. Il faut envisager leurs interactions potentielles et les impacts sur l’évolution des procédures et des contentieux. Et ne pas oublier le calendrier propre à la partie adverse s’il y en a un.
2/ Le calendrier médiatico-politique est un enjeu à part entière. Le pic d’attention médiatique ne correspond généralement pas au pic des calendriers judiciaire et/ou de l’entreprise. Ce pic médiatique doit être traité en tant que tel, en ayant conscience qu’il pourra avoir un impact sur la partie judiciaire et s’inviter dans les débats judiciaires, voire même les polluer. En outre, les limites liées à un calendrier judiciaire non encore achevé laisseront beaucoup de questions médiatiques sans réponse.
3/ Le calendrier d’entreprise, celui du business : il est le calendrier commercial et stratégique de l’entreprise, et il est impératif de le prendre en compte. Il pourra être aussi contraint par des règles particulières si la société est cotée en Bourse (information permanente, suspension de cours, etc.) ou si le contentieux intervient dans des secteurs régulés sous la supervision d’une autorité.
Pour éviter toute forme de court-circuit, il est important d’observer quelques « règles » essentielles qui tiennent dans l’anticipation et le traitement des enjeux de communication de manière simultanée, et non pas séquentielle : la mise en place d’une coordination étroite entre équipes juridiques et équipes de communication ; la constitution d’une équipe de conseils expérimentés (« seniors »), experts dans la matière judiciaire, voire dans le sujet spécifique du contentieux ; la mise en place d’une organisation ad hoc -équipe restreinte initiée, outils et procédures, gestions des données… - et un alignement de la communication hors cadre du contentieux sur la communication liée au contentieux pour éviter tout risque. T