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Louis-Georges Barret : "La profession d’avocat ne regarde pas changer le monde sans bouger"

Par LJA - LETTRE DES JURISTES D'AFFAIRES

L'Observatoire du Conseil national des barreaux (CNB) lance les "24h de l'innovation" les 13 et 14 octobre prochains. Un évènement qui sort des sentiers battus puisque cette première édition aura lieu à la fois dans le réel (salon physique) et dans le virtuel, sur un site dédié. Explications avec le président de l'Observatoire, Louis-Georges Barret.

Vous lancez les premières « 24h de l’innovation » et vous innovez vous-même en l’organisant à la fois dans le réel et dans le virtuel. Comment va se dérouler cet évènement concrètement ?
Louis-Georges Barret : Il faut d’abord dire que la conception de cet évènement a été bâtie sur deux idées fortes : d’une part, le monde innove en permanence, d’où l’idée de 24 heures, et deuxièmement il est impossible de traiter d’innovation sans nous même innover. Dès lors, nous avons conçu ces 24 heures essentiellement comme une rencontre virtuelle permettant à chacun, quelle que soit sa situation, de s’inspirer des exemples, des méthodes, des concepts innovants dans sa propre activité : le numérique qui sert le réel !
Il y aura donc une séance d’ouverture, le 13 octobre à 14h30, qui se déroulera dans l’amphithéâtre du CNB, animée par des industriels, chercheurs, enseignants et qui portera sur la nécessité absolue pour notre profession d’innover, que ce soit dans l’organisation des cabinets ou dans les marchés à conquérir. Cette séance sera retransmise en léger différé sur le site internet dédié.
Ensuite des évènements, des interviews, des webinaires, des exemples d’innovations se succèderont selon un programme établi et accessible uniquement sur le site dédié.
Enfin, le 14 octobre, dans le cadre du Congrès des avocats organisé par le CNB, pour clôturer ces 24 heures, sera remis le prix de l’innovation juridique à l’élève avocat ou au groupe d’élèves avocats dont le projet aura été sélectionné par le jury, et celui qui aura été choisi par le public ! Le prix du jury sera sans doute remis par Emmanuel Macron.

Souhaitez-vous faire de cet évènement un rendez-vous annuel ?
L.-G. B : Réussissons d’abord le premier ! Pour autant, oui, nous souhaitons inscrire cet évènement dans le temps dans la mesure où nous sommes persuadés que dans cette période où le monde évolue à grande vitesse, il nous faut innover pour continuer de grandir. D’ailleurs, le site internet dédié aux 24 heures continuera d’être ouvert et de fonctionner après l’évènement. Il servira de lien vers l’évènement de l’année suivante….

Les prix de l’innovation se multiplient. Ne craignez-vous pas une surenchère du thème de l’innovation juridique ?
L.-G. B : Vous avez raison, les évènements, les informations liés à l’innovation se multiplient et c’est une bonne chose, mais cette actualité chargée s’impose au détriment de la prise de recul. Notre rôle, notre ambition en tant qu’Observatoire de la profession, à travers cet événement, est d’appréhender dans sa globalité les dynamiques et d’analyser la place de l’innovation dans la filière juridique. Il nous faut les uns et les autres mesurer que l’innovation est un défi permanent permettant à la fois de se remettre en cause que ce soit dans nos pratiques ou notre vue du monde : une sorte de leçon d’humilité permanente…. C’est apporter aussi la preuve que la profession d’avocat ne regarde pas changer le monde sans bouger.
Nous avons une véritable responsabilité : celle à la fois de mesurer la réelle souffrance de nombre de nos confrères et celle de les accompagner en leur permettant de se saisir des nouveaux marchés par une modification de leur approche, de leur organisation, de leur matière. En d’autres termes, voir l’ensemble de ces changements, de ces bouleversements, comme autant d’opportunités. Ainsi, lancer le concours du meilleur « projet innovant » essentiellement vers les élèves et les jeunes avocats, est aussi une manière d’éveiller une conscience des changements en cours et des innovations nécessaires. Il n’y a pas abondance mais nécessité absolue d’évolution.


Louis-Georges Barret est avocat au barreau de Nantes depuis 1998 et associé de B2M Avocats, il est spécialisé en droit du travail. AMCO de Nantes et ancien président de la CNA (2014-2015), il est depuis 2015 président de l’Observatoire du Conseil national des barreaux.

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