C’était un secret de polichinelle dans le milieu du restructuring depuis déjà plusieurs semaines. Philippe Druon s’apprête à quitter Weil Gosthal & Manges dont il est associé depuis 16 ans.

Restait à savoir où il partait. Et sur ce point, l’information était bien gardée secrète. Elle est désormais officialisée : l’avocat a rejoint le bureau parisien de la firme Hogan Lovells avec son équipe constituée d’Astrid Zourli et Cristina Marin, qui sont toutes deux promues counsels, ainsi que de Clémence Droz, collaboratrice.

à 50 ans, Philippe Druon prend donc un nouveau départ. Après Jeantet & Associés et Weil Gotshal & Manges, il intègre le troisième cabinet de sa carrière. Ses raisons ? « J’ai toujours pensé qu’être avocat d’affaires c’était au fond pratiquer un sport collectif, explique-t-il avec la franchise qui le caractérise. Je travaille avec mon équipe de manière fraternelle et dans l’objectif de transmettre un savoir-faire en même temps qu’une certaine philosophie de notre métier. Hogan Lovells offre l’opportunité de pouvoir nous développer, ensemble, suivant une stratégie globale mettant en synergie le restructuring, le private equity et le bancaire, sans oublier des pratiques intégrées en social et contentieux ». Il exercera donc en parfaite harmonie avec l’équipe de Stéphane Huten, en corporate, mais également avec celle d’Alexander Premont en financement.

En arrivant chez Hogan Lovells, il retrouve son amie Cécile Dupoux qui partageait son temps entre Paris et New York, mais qui est annoncée de retour dans l’hexagone pour la fin de l’année. L’équipe Procédures collectives et restructurations sera donc constituée de deux associés, trois counsels (Astrid Zourli, Romain de Ménonville et Cristina Marin) et de trois collaborateurs (Clémence Droz, Pierre-Jean Chenard et Fatoumata Traoré). Convoité par tous les cabinets de la place, Philippe Druon constitue une très très belle pioche pour le bureau parisien de la firme anglo-américaine qui démontre ainsi ses ambitions locales.

Car si l’associé est réputé pour son franc-parler et ses négociations viriles -il aime d’ailleurs rappeler qu’il est à moitié breton- il est surtout l’un des plus grands techniciens de la place. Eurotunnel, Cœur Défense, AutoDistribution, Michel Thierry, Novacare, Bata, Saga, Air Liberté, Lehmann Brothers, General Motors, Rétif, FCI, Anovo, Mory, Normaction, Dufour Yatch, Smoby, SEEC, Ducros, Insert, Kertel, LCom, Valliance Fiduciaire, Gulmar Energy, Novasep, Mobiwire, SeaFrance, SGD, SNCM, NextiraOne, Genoyer… sont autant de deals sur lesquels il est intervenu ces dernières années.

On parle de lui désormais sur des dossiers comme Bourbon, Sequana et Arjowiggins. Et son mouvement, qu’il a soigneusement préparé, lui fait pousser des ailes. « Au-delà d’un réseau international exceptionnel, Hogan Lovells est une firme composée d’avocats très compétents, réactifs et qui ont envie de s’investir dans un projet commun. Je suis ravi de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice », annonce-t-il plein d’entrain.

Ondine Delaunay