La tendance est plutôt inverse : les avocats sont toujours plus nombreux à quitter les cabinets pour rejoindre les directions juridiques de leurs clients, grandes entreprises.

Nicolas Brooke a quant à lui choisi, de faire le chemin inverse en réintégrant le Barreau après neuf ans passés chez Société Générale. Mais tout est une question de perception. Car lui-même a toujours considéré qu’il était avocat. « Chez Société Générale, je concevais mon rôle comme celui d’avocat en entreprise. J’assistais la banque dans la gestion de ses litiges les plus sensibles, notamment en matière d’enquêtes internes et de compliance. La défense du client est dans mon ADN », explique-t-il. On est loin, très loin des guerres de position qui secouent la grande profession du droit…

Diplômé d’un DEA de droit des affaires et de l’économie (Paris I, 1999) et de King’s College (2001), Nicolas Brooke a débuté chez Lovells, dans l’équipe de Thomas Rouhette, en 2003. Entre 2005 et 2010, il a été formé à l’arbitrage international par Jan Paulsson et Elie Kleiman, associés chez Freshfields Bruckhaus Deringer. La Société Générale lui propose alors de rejoindre ses rangs pour superviser les différends survenus après la crise financière de 2008 et réorganiser un département contentieux qui avait été bouleversé par l’affaire Kerviel puis le tsunami Lehman Brothers. Et en neuf ans, les dossiers se sont enchaînés. Il est par exemple intervenu dans la résolution de l’affaire du LIBOR avec les autorités françaises, américaines et japonaises, ainsi que la Commission européenne. Il a également piloté, l’affaire de corruption d’agents publics en Libye, qui a fait l’objet d’accords en 2018 conclus simultanément avec le DoJ et le PNF. Il a également joué un rôle clé sur le dossier relatif au programme de sanctions administré par l’agence du Trésor américain (OFAC), transigé l’an passé. Bref, Nicolas Brooke n’a pas chômé. à 43 ans, le General Counsel Contentieux et Enquêtes de la Société Générale est sans doute l’un des praticiens les plus aguerris des enquêtes internes, françaises et internationales. Un profil de choix pour un cabinet.

Mais l’équipe de Signature Litigation porte en elle un atout qui fait la différence sur la concurrence. Thomas Rouhette raconte : « Nous avons tissé des relations personnelles depuis longtemps et j’ai suivi le travail remarquable et unique accompli par Nicolas à la Société Générale. Nous passons désormais à une nouvelle étape : celle d’associés dans un cabinet dynamique et en plein développement ». Par-delà les liens d’affection, c’est aussi la structure en elle-même qui attire le nouveau venu. Il soutient : « Les directions juridiques des grands groupes ont atteint un niveau d’exigence et de sophistication extrêmement élevé. Elles recherchent, pour les assister, des modèles de cabinets ultra-spécialisés, composés d’avocats à la fois stratèges et techniciens, plus flexibles et moins sujets aux problématiques de conflits d’intérêts ». Le 20 mai prochain, il deviendra donc le 4è associé de la boutique internationale installée depuis le début de l’année à Paris (cf. LJA 1381). Avec deux collaborateurs, il dirigera la pratique Enquêtes Internes et Compliance et assistera les clients du cabinet sur des dossiers pénaux, de mise en place de dispositifs de conformité, d’enquêtes internes et de gestion de crise.