
Arnaud David
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Anne Portmann
Quelle est votre approche du management ?
Je suis attaché à la collégialité voulue par la firme dans le management de ses bureaux. À Paris, Thomas Maitrejean et moimême avons succédé à Maxence Bloch en octobre 2024. Nous nous inscrivons évidemment dans la continuité de son action et nous appliquons les mêmes fondamentaux qui reposent entre autres sur le collectif, tout en valorisant les individualités.
Le management à deux apporte une autre perspective, ce qui permet d'être attentifs aux différents équilibres. Nous partageons la même vision : définir une stratégie claire pour le bureau parisien, fédérer les équipes autour d'objectifs communs et maintenir un haut niveau d'exigence dans l'exécution comme dans la qualité du service rendu. Notre rôle consiste aussi à créer une dynamique collaborative durable.
Ce modèle s'inscrit pleinement dans la stratégie de la firme, « Goodwin 2033 », fondée sur une plateforme intégrée où les équipes travaillent naturellement de manière transversale, au-delà des pratiques et des bureaux, en lien étroit avec les secteurs d'activité de nos clients.
Quel est votre spectre d'intervention et quelles fonctions support vous assistent dans vos tâches ?
Comme dans chacun des 17 bureaux de la firme en Europe, aux États-Unis et en Asie, nous nous appuyons sur une « Go Team » (Global Operations Team), structurée de manière verticale, qui comprend de solides fonctions comme notamment les ressources humaines, la comptabilité, le business development, le knowledge management, l'office management et l'informatique,… Levier central du modèle Goodwin, ces équipes sont pleinement intégrées à notre fonctionnement quotidien et interviennent directement aux côtés des avocats. Elles sont au cœur de la stratégie « Goodwin 2033 » et contribuent directement à notre capacité à délivrer un service exigeant, fluide et pleinement aligné avec les attentes de nos clients.
Quelle est votre marge de manœuvre ? Quel parcours de progression avez-vous mis en place pour accompagner vos équipes ?
Depuis 10 ans, nous nous appuyons sur la puissance du réseau global, tout en préservant les spécificités locales. C'est l'équilibre qu'avait impulsé Maxence Bloch et que nous poursuivons aujourd'hui. Notre principale marge de manœuvre concerne l'humain. Paris reste un bureau à taille relativement resserrée au sein de la firme, ce qui nous permet de conserver une vraie proximité avec les équipes et une gestion très individualisée des parcours. Les collaborateurs sont exposés très tôt aux clients et travaillent avec plusieurs associés afin d'éviter les logiques de silo. Cette transversalité est essentielle dans notre modèle.
Concernant l'accompagnement des équipes, l'une de nos spécificités est d'avoir intégré, il y a peu, la fonction « ADM » (Attorney Development Manager). Un poste encore peu répandu en France mais déjà bien installé chez Goodwin aux États-Unis et à Londres. Cette fonction permet de proposer un véritable accompagnement et un suivi plus personnalisé afin d'aider les collaborateurs à se projeter dans les différentes étapes de leur évolution au sein du cabinet. Outre les programmes de formations mis à disposition par la firme, nous avons également lancé un programme de formation au sein du bureau parisien : la « Goodwin Academy », où associés et counsels prodiguent aux juniors des enseignements dans le cadre de cycles de plusieurs semaines. Depuis 1 an, à l'initiative de nos collaborateurs, nous organisons les « NextGen Breakfast Clubs », qui réunissent nos avocats et des jeunes professionnels de nos écosystèmes autour d'une présentation thématique et de temps d'échange informels.
Quelles initiatives avez-vous mis en place pour rassembler et construire une culture commune ?
Plusieurs d'entre nous travaillent ensemble depuis une vingtaine d'années, ce qui a naturellement créé des liens et développé un fort affectio societatis. À cela s'ajoute la culture de la firme, marquée par l'excellence, la collégialité et le « client first ». Nous organisons régulièrement des « Town Halls », à la fois locaux et internationaux, afin de partager la vision du cabinet, les grands projets et les principaux indicateurs d'activité avec l'ensemble des équipes. Nous avons aussi des soirées et des évènements festifs, plus classiquement qui contribuent à créer du lien entre nous.
La transversalité joue également un rôle essentiel dans cette culture commune. Les avocats comme les membres de la Go Team échangent quotidiennement et se retrouvent dans le cadre de rassemblements avec leurs homologues européens et aux États-Unis. Cela crée une forte cohésion.
Comment la gestion des équipes a-t-elle évolué depuis 5 ans ?
La pandémie et le télétravail ont évidemment bouleversé les façons de travailler. Chez Goodwin, nous avons néanmoins fait le choix de préserver une forte présence au bureau afin de maintenir la dynamique collective et la transmission entre les équipes.
Une autre donnée qui a changé est qu'aujourd'hui notre modèle a évolué vers davantage d'intégration et est de plus en plus tourné vers l'international. Il y a plus de coordination sur des dossiers transfrontaliers, et pour nombre d'entre eux, nous sommes à cheval sur plusieurs juridictions en permanence.
Dans le cadre de « Goodwin 2033 », nous avons également fait évoluer notre organisation vers un modèle matriciel structuré par industries (private equity, investment funds and capital, life sciences, technology, healthcare et real estate) tout en conservant une approche transversale par expertises, afin d'être au plus près des préoccupations des clients et de leur proposer un service stratégique. Cette nouvelle organisation reflète une transformation plus large du marché, dans lequel les clients attendent désormais de leurs conseils une capacité à maîtriser à la fois les enjeux juridiques et les réalités économiques de leurs secteurs. Nous pensons que le métier d'avocat tend ainsi vers un rôle de partenaire stratégique, pleinement intégré aux enjeux business des clients. Cette évolution est pleinement assumée chez Goodwin et nous accompagnons nos équipes dans cette évolution.