Les Legal Operations au cœur de l’efficience de la Direction Juridique

Par Fabienne Mary-Martinaud, Manager chez Day One, cabinet de conseil en management spécialisé sur les métiers du Juridique, du Risque et de la Compliance. Ancienne Directrice juridique adjointe, Fabienne connait bien le monde juridique dont elle suit et accompagne, avec passion, la transformation.

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Pour faire plus avec moins, sans dégrader la qualité de service apportée, les Directions Juridiques se penchent de plus en plus sur la rationalisation des Legal Operations.

Les Legal Operations : définition

Les Legal Operations (ou Legal Op’ pour paraître plus branché) sont partout depuis quelques temps : dans les articles consacrés à l’organisation des Directions Juridiques et des Cabinets d’avocats dans nos revues, sur les feuilles de route des directeurs juridiques, dans les présentations des Legal’Tech qui se développent et même dans les compétences recherchées pour certains postes à pourvoir.

Simple effet de mode venu d’Outre Atlantique ou véritable besoin désormais identifié au sein des organisations juridiques?

Il convient tout d’abord de définir les Legal Operations : cette catégorie transverse couvre l’organisation, le management et l’alignement stratégique de la Direction Juridique. Elle se compose ainsi de tout ce qui doit être mis en place au sein d’une organisation juridique pour simplifier et améliorer le quotidien des juristes et leur permettre de délivrer le service efficace qu’ils doivent à leurs clients internes.

Font notamment partie de cette catégorie (1):

  • les politiques et procédures  (avocats et contrats notamment)
  • la communication du juridique (interne et externe)
  • le Knowledge Management
  • le budget
  • le staffing et l’organisation des ressources pour le bon niveau de valeur apportée (outsourcing ; recours éventuel à des fournisseurs alternatifs de services juridiques)
  • le management des cabinets d’avocats (constitution de panels ; segmentation des cabinets en fonction de la valeur ajoutée qu’ils apportent) et des autres prestataires de services
  • et bien-sûr le support technologique via le digital et les outils d’e-billing, de reporting, de gestion des contentieux…

Les Legal Operations, une activité incarnée

Les Legal Operations sont parfois prises en charge dans leur globalité par un nouveau professionnel du droit, le CLOO (Corporate Legal Operations Officer). Le CLOO se positionne au carrefour des expertises. Il joue comme une interface entre les juristes et leurs clients. Il s’emploie à organiser et à fluidifier le travail des juristes de manière à les décharger au maximum des trop nombreuses tâches répétitives (juridiques ou parfois même administratives) à faible valeur ajoutée qui leur incombent pour leur permettre de recentrer leur intervention sur les sujets plus stratégiques, là où leur expertise est la plus précieuse.

Grâce à sa connaissance approfondie et mise à jour en permanence des nouvelles technologies et des acteurs du marché (en particulier des Legal’Tech) le CLOO est également un élément moteur de la transformation digitale de la Direction Juridique.

Lorsqu’il coordonne tous les projets le CLOO sera à même de créer une nouvelle dynamique au sein de la Direction Juridique et saura convaincre chacun d’innover et de travailler autrement ; quelques projets quick wins permettront de créer cette dynamique.

On pourrait imaginer par exemple que le CLOO pilote l’implémentation d’un outil de signature électronique, depuis la recherche des prestataires pertinents pour la Direction Juridique, jusqu’à la mise à jour des process internes et des conditions de stockage et d’archivage des documents.

Pour les directions juridiques les plus importantes, le CLOO sera recruté par l’entreprise, en tant que membre à part entière de celle-ci. Pour les plus petites directions juridiques, les fonctions du CLOO pourront être portées par un consultant externe à l’entreprise.