Les cabinets internationaux ont souffert en 2017

Paru dans La Lettre des Juristes d'Affaires n°1365 - du 21 septembre 2018

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La radiographie 2018 de Juristes_associés vient de paraître. Et elle est, cette année, très instructive en ce qu’elle présente une succession de points de rupture avec ce que l’on pensait être « des acquis ».

En premier lieu, les cabinets internationaux qui tiraient historiquement le marché vers le haut ont connu, en 2017, une baisse de leurs indicateurs : -2,28 % de productifs, -2,86 % d’associés et -1,18 % des chiffres d’affaires. « Pour la première fois dans l’histoire de cette étude, ils représentent moins de la moitié des chiffres d’affaires globaux du marché (48,9 %) », est-il commenté.

Dans le détail des groupes internationaux, les firmes américaines représentent 36,1 % du CA et 34,9 % des effectifs. Les Britanniques totalisent 32,6 % du CA et 30,6 % des effectifs. Les cabinets internationaux d’origine européenne (comme Gide ou encore CMS Francis Lefebvre Avocats) représentent 20,1 % du CA et 24,1 % des effectifs. Enfin les structures mixtes, dénommées « Autres » par l’étude (comme Dentons, Taylor Wessing ou Hogan Lovells) totalisent 10,4 % des effectifs et 11,1 % du CA.

« Plusieurs explications peuvent être avancées, commente Caura Barszcz, directeur de la publication. Les cabinets les plus gros, y compris donc les internationaux, ont atteint un plafond. La croissance américaine du legal market est ralentie, les marchés asiatiques sont en attente de retour sur investissement, la demande globale reste stagnante. Et même si les cabinets sont très occupés, les niveaux d’honoraires sont en baisse ». Parmi les firmes britanniques qui sont suivies de près à l’approche du Brexit, les chiffres d’affaires sont globalement stagnants voire en diminution. Cinq exceptions : Osborne Clarke, Freshfields Bruckhaus Deringer, Bird & Bird, Simmons & Simmons et Clifford Chance.

Dans les cabinets français, les difficultés sont assez comparables. En région, les chiffres d’affaires baissent en moyenne de 15,8 % et les effectifs de 4,85 %. Quant aux structures comprenant entre 50 et 100 avocats, les chiffres d’affaires ont été amputés de 6,83 % en moyenne. « Les cabinets nationaux plus petits sont pris entre les niches spécialisées qui continuent à bien se développer et les plus grands avec des moyens importants », note Caura Barszcz.

Bien sûr les boutiques ultra-spécialisées s’en sortent bien grâce à un effectif réduit et un intuitu personae très fort favorisant la création d’une véritable relation de confiance avec les clients, à l’image de Chammas & Marcheteau qui est principalement positionné en capital innovation. La crise de 2008 avait fait émerger avec succès ce type de structures souvent très résilientes aux secousses des marchés. Mais trois marques françaises full services tirent très nettement leur épingle du jeu cette année avec des ratios en hausse. Le cabinet Racine tout d’abord qui a accroit sa masse productive de 3,6 % et dont le modèle d’expansion régional (Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes, Strasbourg), voire international (Bruxelles), démontre son efficacité.

Altana a également clôturé une belle année, le travail d’une équipe composé pour l’essentiel d’avocats très sympathiques, dynamiques et ayant constitué une clientèle fidèle. Enfin le cabinet UGGC Associés, qui vient de fêter ses 25 ans et qui a su gérer un passage de génération sans trop de heurts, notamment avec l’arrivée de l’équipe de David Gordon Krief en janvier 2017.