Le juridique opérationnel – ou Legal Operations - est une fonction de plus en plus indispensable au sein des directions juridiques en entreprise qui sert à rendre celles-ci plus efficientes et efficaces en leur permettant d’une part, d’optimiser leurs personnel, consultations et technologies, et d’autre part, de rationaliser les risques, budgets et prestataires. Explications par Eric Gardner de Béville, consultant international, membre du Cercle Montesquieu.

Qu’est ce que le juridique opérationnel ?

Le juridique opérationnel est un concept nouveau issu des Etats-Unis, où le juridique est un art ou un cauchemar, selon les points de vue. Il vise à augmenter et améliorer à la fois l’efficience et l’efficacité, c’est-à-dire les moyens et les résultats, de tous les éléments qui composent la direction juridique. Dans certains cas il s’agira d’optimiser, par exemple les personnes, les consultations et la technologie. Dans d’autres, il faudra au contraire rationaliser, c’est-à-dire réduire, par exemple les risques, les budgets et les prestataires externes.

La fonction apporte une analyse, des propositions et une mise en place de moyens et résultats nécessaires à un fonctionnement optimal et rationnel de la direction juridique au sein de son entreprise. À une époque où nous vivons quotidiennement la révolution numérique dans un contexte économique de restrictions budgétaires dominés par les slogans « more for less » et « value for money », le juridique opérationnel est une solution saine et simple pour une meilleure gestion interne/externe et une réelle réduction des coûts.

Dans quel contexte s’est développée cette fonction ?

Le concept résulte à la fois de l’ingérence de la gestion dans le juridique et de la révolution numérique. Les directions juridiques ont grandi en taille et complexité avec la croissance générale des grands groupes en tout genre. Qu’elles soient composées de 50 juristes ou de 500, les directions juridiques constituent des entités à part entière au sein de la société et doivent être gérées comme telles.

« La fonction apporte une analyse, des propositions et une mise en place de moyens et résultats nécessaires à un fonctionnement optimal et rationnel de la direction juridique au sein de son entreprise. »

Avec l’augmentation du nombre de juristes au sein des directions juridiques, un double phénomène s’est produit : d’une part, les juristes ont été amenés à exécuter des tâches non-juridiques ou à faible valeur juridique (il s’agit par exemple de la gestion des contrats, la rétention des documents, certaines due diligence, la négociation avec les prestataires externes, le suivi des factures, etc.) et d’autre part, le nombre de ces tâches a considérablement augmenté, détournant par-là les juristes de leur « core business » c’est-à-dire la rédaction de consultations juridiques et la participation active à la croissance de l’entreprise.

Dans ce contexte entrepreneurial dynamique, les directions juridiques ont vite compris que sans une bonne et saine gestion de toutes ces tâches, tant les plus « nobles » comme celles de moindre valeur juridique, le juridique ne serait pas en mesure d’effectuer au sein de l’entreprise son triple rôle de partenaire, vigile et conseiller. Les professionnels qui, au cours des vingt dernières années, ont travaillé des deux côtés de la barrière, c’est-à-dire au sein des directions juridiques en entreprise et en cabinet d’avocat, ont pu constater à quel point le monde juridique dans son ensemble est peu préparé à affronter les défis du juridique opérationnel.

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