Les entreprises se sentent parfois mal comprises par l’institution judiciaire. Comment y remédier ? Laure Lavorel, membre du conseil d’administration du Cercle Montesquieu, engage le dialogue avec Olivier Leurent, directeur de l’École nationale de la magistrature (ENM).

Il s’est creusé un fossé entre l’institution judiciaire et les entreprises qui se sentent parfois mal comprises par les magistrats. Pourquoi cet éloignement ?

Laure Lavorel : La société française a considérablement évolué lors de la dernière décennie, notamment avec la révolution digitale qui a transformé profondément les modes de commercialisation et accéléré dans des proportions record les échanges commerciaux. La justice paraît donc aujourd’hui en décalage avec les nouveaux paradigmes de cette économie plus globale et en rupture avec les usages traditionnels du commerce. De surcroît, la culture de l’entreprenariat en France, qui a longtemps été moins développée que dans d’autres pays notamment de tradition anglo-saxonne, est désormais bien présente dans notre pays. Le fossé se creuse donc entre les entrepreneurs et la magistrature professionnelle qui est encore le reflet de cette tradition française et qui ne comprend pas nécessairement cet élan d’innovation qui génère la création de start-up et la transformation numérique des entreprises du CAC 40. Les entreprises attendent aujourd’hui de la justice qu’elle leur apporte un service public efficace en termes de délais, et spécialisé sur leurs domaines d’expertise. La technicité des dossiers qu’elles ont à gérer exige des compétences accrues dans des matières financières, industrielles et internationales.

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