Cinq ans, quasiment jour pour jour, après leur arrivée chez Hogan Lovells pour développer le droit pénal des affaires, Antonin Lévy et son équipe reprennent leur indépendance.

Et comme l’avocat n’aime pas le terme de « boutique », il annonce l’ouverture le 1er janvier prochain d’un « cabinet spécialisé en contentieux ». La fin d’une expérience qui leur a beaucoup apporté, mais « les conflits d’intérêts étaient parfois trop compliqués à gérer, notamment pour certains clients qui nous tiennent à cœur », explique-t-il.

Antonin Lévy & Associés – qui sera raccourci en AL Associés sur le site et les adresses e-mail – sera installé au 25 boulevard Malesherbes, dans le huitième arrondissement de la capitale. Les deux associés, Antonin Lévy et Ophélia Claude, seront assistés de trois collaborateurs. Le recrutement d’un quatrième est d’ores et déjà prévu.

Le cabinet souhaite se positionner différemment des autres structures de droit pénal des affaires existantes sur la place. « Nous avons développé un véritable savoir-faire en matière de compliance et une méthodologie efficace dans le cadre des enquêtes internes menées par des autorités de régulation étrangères », témoigne Antonin Lévy. Suivi de l’enquête, préparation des salariés aux auditions, négociation avec les régulateurs, l’équipe est capable d’intervenir sur l’intégralité des volets des dossiers, qu’ils soient français ou étrangers. C’est sans aucun doute sur ce dernier point que le cabinet se différenciera de ses concurrents, qui interviennent avant tout sur la partie française de l’enquête internationale. Mais Antonin Lévy voit grand ! Et le modèle de structure resserrée ne représente, selon lui, pas un problème pour traiter ce type de dossiers. Écartant d’un revers de manche la polémique actuelle, créée par des personnes mal renseignées, sur la soi-disant crainte des clients de voir leurs dossiers de conformité traités par des firmes anglo-saxonnes instrumentalisées par l’administration américaine, le cabinet Antonin Lévy & Associés fait valoir que ces enquêtes ne justifient pas une armée d’avocats pour être efficacement traitées. C’est même tout l’inverse que l’équipe va démontrer, elle qui a le soutien de clients fidèles depuis de nombreuses années. On l’aura par exemple remarquée aux côtés de Lafarge sur le dossier syrien, de Google sur ses problèmes fiscaux ou encore de Renault sur l’affaire du diesel gate.

Ophélia Claude ajoute : « Nous avons acquis une véritable expertise de défense de l’entreprise en tant que personne morale, sans pour autant avoir négligé notre positionnement historique auprès des dirigeants ». Elle est elle-même spécialisée en droit pénal transnational (extradition, mandat d’arrêt européen, coopération pénale), une pratique rare sur la place.