Pour Alexandre Menais, la transformation d’une direction juridique en 2018 ne passe pas seulement par un apport technologique. Elle suppose une réflexion plus large autour de trois piliers que sont le développement d’une vision transversale de la fonction au sein de l’entreprise, la valorisation de la créativité des juristes et le renforcement de la confiance en soi des équipes. Portrait d’une direction juridique en pleine mutation.

«Il n’est pas facile pour un juriste de se transformer », note Alexandre Menais. À la tête de la direction juridique d’Atos depuis 2011, sa mission initiale était de positionner les juristes de l’entreprise en véritables business partners. La preuve : Alexandre Menais porte aussi depuis avril 2015, la casquette d’Executive vice-président (EVP) M&A et corporate development. Il est aussi membre du Comité exécutif de l’entreprise. Pour autant, il ne peut être dit qu’il laisse de côté la direction juridique. Bien au contraire, sa double casquette favorise un regard différent sur la fonction juridique. « Les métiers d’Atos connaissent une mutation profonde, la transformation digitale ne suppose plus simplement la gestion des systèmes d’information de nos clients, mais la modification et l’adaptation de leur modèle économique au monde numérique », analyse-t-il. Selon lui, cette transformation suppose un changement des compétences et une remise à plat des métiers et de leur processus avec notamment un besoin de solutions (compétences et produits) en interne, beaucoup plus haut dans la chaîne de valeur des services proposés à l’origine par Atos. Ce besoin s’est traduit dans l’offre de services de la direction juridique d’Atos, renforcée par un autre élément extrinsèque depuis l’entrée de la société au CAC 40 en mars 2017.

« À la suite des différentes acquisitions transformantes opérées par Atos, notre premier programme de transformation de la direction juridique avait porté sur l’intégration et le repositionnement de la direction juridique. Notre nouvelle ambition porte sur la consolidation de nos acquis et le passage de notre département à la direction juridique du futur. Dans cette configuration, deux questions principales se posent : comment attirer les nouveaux talents et comment consolider la culture juridique de l’entreprise ». Alexandre Menais estime que le juriste de demain devra prendre en compte les nouvelles typologies de risques et être capable d’intégrer l’impact des nouvelles technologies dans son travail. « Il y aura moins de spécialistes pointus malgré la complexification du droit, car l’automatisation des tâches, les outils d’anticipation et le développement de l’intelligence artificielle rendront ces profils moins nécessaires au sein des directions juridiques où il faudra davantage de profils cognitifs et agnostiques, plus transversaux. Les spécialistes seront en cabinet. Les juristes, eux, devront être connectés avec tout l’écosystème de l’entreprise et totalement intégrés dans son environnement pour pouvoir appréhender tous les sujets à haute valeur stratégique, qui dépassent les aspects purement juridiques : la RSE, la gouvernance, l’intérêt général, l’éthique et l’impact des réseaux sociaux. De plus en plus, cet apport d’un expert en transversalité sera encore mieux valorisé et permettra l’accès aux directions générales », augure-t-il.

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