Astuces pour gérer le stress – Épisode 2 : Le stress de lutte

Virginie Jubault - Avocom

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Astuces pour gérer le stress Episode 2* : Le stress de lutte. La perception d’un danger pour la survie déclenche chez l’animal et chez l’humain un certain nombre de processus psycho-physiologiques qui ont pour objectif de faire face au danger : le stress.

Il comporte trois variantes : la Fuite, La Lutte et l’Inhibition de l’action.

Nous constatons tous les jours que, même si nous ne sommes pas devant un danger externe et réel, nous nous retrouvons très régulièrement dans un des trois états. Reconnaitre les symptômes de chaque état de stress pour éviter des faux pas et adopter la bonne attitude vis-à-vis de votre interlocuteur constitue une condition sinequa non de toute forme de communication interpersonnelle adaptée.

Nous nous sommes penchés lors du précèdent article sur le stress de fuite.

Quid du stress de lutte ?

La lutte est destinée à se redresser contre l’agresseur, pour tenter de le dissuader de nous attaquer (et non pour l’attaquer). Il s’agit donc d’agressivité défensive. L’attention se concentre sur un endroit précis de l’espace, là où se trouve l’ennemi.

Le regard se focalise et fixe l’adversaire dans les yeux pour connaitre son attention. Un certain ralentissement du cœur et de la respiration apparait, car il s’agit moins de se préparer à un effort maximum qu’à une détente ciblée. La tension se déplace dans le cou et les mâchoires pour mordre, dans les bras pour griffer ou boxer.

Notre organisme libère de l’adrénaline et nous donne du « culot », autrement dit une tendance à nous surévaluer, de l’autosatisfaction ainsi que cette prétention symptomatique de l’état de Lutte.

Dans la nature, il arrive qu’un prédateur recule devant plus faible que lui si la proie semble par trop impressionnante, vindicative, teigneuse, prête à tout pour « vendre chèrement sa peau ».

Dans la Lutte, dissuader suffit, on ne court pas derrière l’ennemi s’il abandonne le combat ou même recule sans le tenter. Si on perd le combat ou si le rapport de force en notre défaveur semble trop dissuasif, on bascule dans l’Inhibition de l’action.

Voici quelques éléments qui vous permettront de diagnostiquer et gérer l’état de lutte :

Objectif instinctif : gagner

Signes observables et fiables

Signes physiologiques

  • Visage parfois empourpré (de colère)

Signes micro-comportementaux

  • Regard fixe et frontal
  • Tension musculaire des mâchoires, du cou, des épaules

Signes observables plus ou moins contrôlables

Signes macro-comportementaux

  • Voix forte et assurée
  • Gestes précis et signifiants

Signes cognitifs (vécu interne que l’on peut deviner dans les attitudes)

  • Sensation de supériorité
  • Besoin d’être reconnu pour des qualités d’action et/ou de réflexion
  • Besoin d’avoir raison, susceptibilité
  • Intolérance à la contradiction, au reproche
  • Impatience
  • Esprit concret, direct, précis
  • Souci (partisan) de justice

Rituel face à l’état de lutte

Attitudes aggravantes

A éviter :

Dominer

  • Remettre en question les capacités d’intelligence et d’action
  • Faire des reproches
  • Interrompre, mentir, menacer, être injuste, consoler, nier, infantiliser
  • Ordonner « Calmez-vous ! Ne vous énervez pas ! »

Agacer

  • Etre imprécis, hésitant
  • Paraitre désorganisé, lent

Attitudes positives

A adopter avec modération :

  • Etre calme, déterminé, prendre en considération et reconnaitre l’autre en étant juste et direct
  • Ecouter calmement
  • Faire des compliments, reconnaître les capacités d’intelligence (savoir réfléchir) et d’action (savoir agir)
  • Etre exact, juste
  • Partager les responsabilités des erreurs s’il y en a
  • Etre simple, direct, logique, concret, factuel
  • Prendre en considération
  • Faire des propositions, agir

*Les fondamentaux de l’approche neuro cognitive et comportementale – Gestion relationnelle du Stress (GRS) « Institut of NeuroCognitism »