Notre cerveau fonctionne sur deux modes principaux. Le mode automatique est utile pour gérer les situations simples, connues, les actes automatiques, qui occupent l’essentiel de notre temps. Le mode adaptatif permet une meilleure adaptation aux événements complexes ou inconnus. Ces deux modes mentaux, dits supérieurs, sont complémentaires et sont mobilisés en fonction des circonstances.

Le mode mental automatique requiert peu d’attention ou de concentration. Il applique des réponses rapides et génériques. Il a toutefois les défauts de ses qualités : il s’avère rigide et peu propice au changement et à l’individualisation.

Si ce mode persévère alors qu’il est inadapté à la situation, le stress se déclenche.

À l’inverse notre mode adaptatif est souple. Il est spontanément mobilisé lorsque nous percevons un événement comme étant inconnu et/ou complexe. Il permet l’accès à la nuance, à la logique, à l’intuition. Il facilite la prise de recul et de hauteur. Il permet une meilleure adaptation aux événements et ainsi de baisser le stress.

La plupart du temps le changement de mode mental s’effectue spontanément, selon les nécessités du moment. Mais notre perception subjective de l’événement, fréquemment influencée par des conditionnements culturels et nos croyances personnelles, peut faciliter ou au contraire empêcher ce processus de bascule entre les Modes Mentaux. L’absence de bascule du Mode Mental Automatique vers le Mode Mental Adaptatif dans une situation complexe, nouvelle et/ou non maîtrisée, déclenche le stress, ce qui confirme de nombreuses études de psychologie cognitive.

Ce stress a un impact sur notre façon de réfléchir et d’agir. Il entraîne des pensées souvent irrationnelles accompagnées de comportements peu adaptés.

Changer d’état émotionnel ou d’ « état d’esprit » c’est donc remettre en cohérence ses pensées ou adopter un autre comportement tout comme changer de pensée c’est changer d’état émotionnel et de comportement.

Le vrai enjeu c’est d’apprendre à percevoir sur quel mode nous fonctionnons à un instant donné, à savoir basculer d’un mode à l’autre rapidement et efficacement si nécessaire.
Il est important, lorsque le stress monte, que l’on ne se sent pas à la hauteur ou en capacité de prendre une décision, de faire une pause et un rapide diagnostic sur ce que nous sentons, ressentons et pensons.

Pour rendre conscient et volontaire le changement de Mode Mental à ce moment,
il est souhaitable de modifier notre regard sur l’événement, et de manière plus générale, sur les choses, les autres et surtout, soi-même.
Le stress est un signal intelligent qui permet quand on accepte de l’écouter et de le décoder de rebondir sur un comportement plus adapté.

Il est commun d’entendre que le stress bloque ou limite la réflexion créative et libre. Il paralyse la prise de décision éclairée.

Le mode mental adaptatif est le complément opérationnel du monde mental automatique et vice versa. Chacun a toute son utilité. Aucun n’est meilleur que l’autre. En revanche, chacun peut devenir inefficace au profit de l’autre en fonction de la complexité de la situation.

L’approche Neurocognitive et Comportementale distingue six dimensions en miroir, opposées et complémentaires.

De cette complémentarité pratique, dans la gestion du quotidien, nous pouvons tirer le meilleur parti pour améliorer notre savoir-être et nos réactions face aux situations, et autres éléments de contenu, auxquelles nous sommes confrontés.

Pour chaque situation / décision, notre cerveau reçoit, traite et restitue des informations. À chacune de ces trois étapes, le cerveau a quatre options : deux automatiques et deux adaptatives.

1/ Réception des informations par le cerveau

– Routine (Mode Automatique) : c’est l’aisance et facilité de l’habitude, du connu, de la tradition, l’amour de la maîtrise, des procédures / Curiosité (Mode Adaptatif) : c’est exploration sensorielle, la recherche active de la nouveauté, l’attrait pour la créativité, la curiosité pour les choses et les autres, l’ouverture à l’imprévu.

– Persévérance (Mode Automatique) : c’est la recherche de contrôle et de continuité malgré l’obstacle, l’insistance malgré l’échec apparent, la tendance à refuser ce qui dérange, la défense des principes et des règles  / Souplesse (Mode Adaptatif) : c’est l’acceptation, la capacité à prendre en compte toute la réalité « comme elle est » et à accepter ce qui dérange. C’est la réceptivité,la flexibilité, la capacité à repartir, rebondir, reconstruire.

2/ Traitement des informations par le cerveau

– Simplification (Mode Automatique) : c’est la vision tranchée pour faciliter le tri des informations et la classification des situations, voire vision binaire (blanc-noir, bien-mal, vrai-faux)/ Nuance (Mode Adaptatif) : c’est la perception de la complexité et de la continuité des choses, de leur caractère mouvant. C’est un complément d’enquête pour approfondir, identifier le positif à côté du négatif, les avantages cachés sous les inconvénients (et vice versa)

– Certitude (Mode Automatique) : c’est la sensation de « vérité », la croyance que le monde est ce que nous voyons, la conviction que nos perceptions sont « toute la réalité », que nous détenons la vérité sur ce sujet ou sur nous mêmes / Relativité (Mode Adaptatif) : c’est la prise de recul et de hauteur, la conscience que la carte n’est pas le territoire et que chacun a son regard, sa vision toute relative, superficielle et limitée par rapport au réel infini. On sort du sentiment de réalité pour formuler des hypothèses, un modèle explicatif…

3/ Restitution des informations par le cerveau

– Empirisme (Mode Automatique) : c’est la recherche des résultats, le choix de la meilleure solution connue, des recettes toutes prêtes qui marchent tout de suite, dans l’espoir d’une efficacité immédiate, sans réflexion « compliquée » et sans risque / Réflexion ( Mode Adaptatif) : c’est chercher à comprendre avant d’agir, accepter de perdre du temps pour en gagner.

– Image sociale (Mode Automatique) : c’est la perception de ce qui est acceptable socialement dans un groupe. C’est la priorité donnée au regard des autres et aux émotions qui accompagnent leur jugements : recherche de reconnaissance et de validation génératrices de fierté, évitement des vécus de honte, ridicule, culpabilité… surtout face à un groupe. D’où un certain manque d’initiative par peur du risque (notamment du risque pour sa propre image sociale)  / Opinion personnelle (Mode Adaptatif) : c’est la prise de risque assumée, la capacité à s’individualiser et à individualiser les membres d’un groupe, à assumer un point de vue ou une décision personnels faits de raison, d’intuition et de prise de risque, ouverts à l’opinion et aux sentiments des autres, (mais pas sensibles à leurs jugements).

Nous étudierons dans les articlesz à venir les questions à se poser et les exercices individuels et de groupe pour faciliter cette bascule du Mode Automatique au Mode Adaptatif.


*L’A.N.C (Approche Neurocognitive et Comportementale / Institute Of NeuroCognitivism) apporte un éclairage sur les différents modes de fonctionnement de notre cerveau.

Elle consiste à identifier, en amont du vécu psychologique d’une situation, la cohérence dans l’utilisation des mécanismes cérébraux face à une situation nouvelle ou difficile, et à faire les exercices adéquats pour traiter, de manière précise, durable et personnalisée, la source de cette difficulté.

Pour ce faire, l’A.N.C offre des outils pour révéler et mobiliser à bon escient nos ressources internes.

Elle propose des méthodes pour mieux communiquer et favoriser un changement de comportement, chaque fois que cela est possible. Elle permet, en effet, de distinguer ce que l’on peut traiter, régler, de ce que l’on peut simplement gérer, et non modifier la gestion des modes mentaux que je commence à relater dans cet article et l’ensemble de techniques de l’A.N.C  développées et mise en œuvre pour passer plus facilement du Mode Mental Automatique au Mode Mental Adaptatif. 

Elles favorisent l’adaptation, l’innovation et la sérénité, notamment en situation ou prises de décisions difficiles (complexe, inconnue et non maîtrisée).