Le choix du nom du cabinet est devenu une question hautement stratégique pour les avocats. Si auparavant l’adjonction des noms des fondateurs était la norme, l’appellation de fantaisie est désormais fréquente. Mais rien ne doit être laissé au hasard, notamment le référencement sur les moteurs de recherche, ou encore la traduction en langues étrangères. Description d’un monde nouveau.

Quel nom choisir pour son cabinet ? La question peut sembler insignifiante et secondaire. Elle est en réalité hautement stratégique et éminemment sensible pour les avocats. « Il y a 20 ans, la question n’était pratiquement pas abordée, se rappelle Nathalie Rehby, qui dirige l’agence de communication Satellitis. Les associés fondateurs accolaient leurs noms les uns après les autres en terminant parfois par : & Associés ». À l’image de Lefèvre Pelletier & Associés, De Pardieu Brocas Maffei, Duclos Thorne Mollet-Viéville & Associés, Bredin Prat, Stehlin & Associés, De Gaulle Fleurance & Associés, Darrois Villey Maillot Brochier, Veil Jourde… la liste est longue. Mais depuis, les pratiques ont quelque peu évolué. « C’est à partir de la création des premières SCP, à la fin des années soixante, que certains avocats ont commencé à essayer de faire preuve d’originalité », poursuit cette dernière. Adamas est sans doute la première structure à avoir fait le grand saut, dès 1969. En 1998, Racine lui emboîtait le pas. Bruno Cavalié avait alors connu deux scissions d’équipe l’ayant contraint à changer de nom de son cabinet : Cavalié Gillot, puis Cavalié Tuffal & Associés. Il a donc opté pour l’appellation Racine, une marque collective, représentant l’ensemble de l’équipe. « C’était visionnaire à cette époque », se souvient Florence Henriet, dirigeante de FHP Conseil et auteur du Guide des cabinets d’avocats d’affaires. Brigitte Van Dorsselaere, fondatrice de l’agence Image Juridique, analyse : « le choix des noms de famille des fondateurs, encore le plus courant, peut présenter des difficultés si le nombre d’associés croît, si une personnalité disparaît ou prend sa retraite ou quitte le cabinet pour monter une autre structure ou est touchée par un scandale… ». Et c’est d’ailleurs pour cette raison que certaines maisons ont entrepris, au fur et à mesure du temps, de transformer leur nom en marque. August Debouzy a retiré son esperluette en 2016. Gide a laissé de côté Loyrette et Nouel en 2014. D’autres ont choisi de transformer l’adjonction de noms en suite d’initiales. On pense notamment à UGGC Associés, à BCTG & Associés, à FTPA ou à CVML. Attention néanmoins à ne pas devenir la bête noire des dyslexiques ! Le cabinet SLVF était par exemple régulièrement appelé SVLF ou SFVL

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