Astuces pour gérer le stress

Par Virginie Jubault, associée, Avocom

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Le rôle primitif du stress consiste à assurer la survie, donc à échapper aux menaces. La physiologie découlant de nos états de stress est donc génétiquement programmée pour remplir des objectifs précis.

Le stress de fuite

Déguerpir (fuite), faire face à un danger (lutte), ou faire le mort (inhibition de l’action).
Le stress est un mécanisme puissant et rapide.

Les impulsions instinctives du stress sont, par nature, peu contrôlables.
L’objectif ici est de donner quelques recettes pour le gérer.

Nous gardons dans nos réflexes la trace de la programmation primitive. Dans la majorité des cas, notre vie n’est objectivement pas en jeu. Il est essentiellement subjectif et cognitif.

Nous ne stressons pas pour les mêmes raisons. Nous n’apprécions pas les événements de la même façon, ni dans leur signification, ni dans leur intensité.
Le stress peut être interprété comme une information indiquant que nous commettons une erreur de raisonnement, au niveau de l’intention, de l’attitude ou du comportement, que nous faisons fausse route.

Dans le cadre de l’approche neuro cognitive et comportementale, il est établi que le stress est au mental ce que la douleur est au physique : un indicateur de dysfonctionnement.

Henri Laborit a décrit les concepts scientifiques et les réactions physiologiques liés au stress.

Il a démontré que si notre cœur se met soudain à battre à la chamade et que notre respiration s’emballe, c’est pour préparer notre corps à courir pour échapper au pire.

Chez l’animal, l’enchaînement se fait toujours dans l’ordre suivant: fuite, puis lutte, puis inhibition de l’action.

Chez l’humain, cette chronologie persiste mais elle est modulée par la personnalité de chaque individu, qui peut privilégier un état de stress, voire « zapper » rapidement une étape.

Penchons-nous sur le stress de fuite :

La fuite insuffle un vécu de peur, un sentiment d’insécurité, d’oppression, destinés à donner l’envie, confuse mais efficace, que nous ferions mieux d’être ailleurs dans les plus brefs délais.

En état de stress de fuite, inutile de culpabiliser d’être mal là où nous sommes, d’avoir envie de partir, d’être anxieux, d’avoir le trac : c’est une réaction instinctive, et l’accepter, chez soi comme chez les autres, est la première condition pour pouvoir le gérer.

Signes observables et fiables du stress de fuite dont l’objectif instinctif et d’échapper à la contrainte

Signes physiologiques

  • Rougissement (de honte)
  • Déglutitions
  • Sueurs émotives
  • Respiration rapide

Signes micro-comportementaux

  • Regard fuyant, en ligne brisée
  • Sourire flou, de conciliation

Signes observables plus ou moins contrôlables

Signes macro comportementaux

  • Agitation des extrémités (tête, membres)
  • Voix instable

Signes cognitifs (vécu interne que l’on peut deviner dans les attitudes)

  • Anxiété, crainte de l’agression
  • Peur de la contrainte
  • Recherche de la conciliation
  • Difficultés à organiser pensées et actions, confusion
  • Face à ce stress de fuite, les attitudes de son entourage sont aggravantes ou au contraire positives pour faire baisser la pression.

Attitudes aggravantes à éviter

Contraindre

  • Forcer à s’engager (opinion, décision, action) par des questions fermées
  • Se faire le porte-parole de LA réalité
  • Juger, moraliser
  • Couper la parole

Agresser

  • Crier, menacer, sanctionner

Attitudes positives à adopter avec modération

  • Être calme et flexible, prêt à bouger, se positionner en co-équipier ou en complice qui aide l’interlocuteur à …
  • Organiser ses pensées, les exprimer
  • Percevoir les enjeux
  • Chercher des solutions (poser des questions ouvertes) en reformulant ses réponses tout en étant convivial et participatif.

Laisser de la place à la personne y compris physiquement

Protocole de communication

Dédramatiser

  • Lever la contrainte et donner une porte de sortie
  • Organiser ses pensées, les exprimer, reformuler ses réponses
  • Chercher des solutions (poser des questions ouvertes)

Le stress de fuite une fois géré permet à la personne de retrouver lucidité et comportements adaptés.

Il est temps de reprendre le travail rasséréné !


* les fondamentaux de l’approche neuro cognitive et comportementale – Gestion relationnelle du Stress (GRS) « Institut of NeuroCognitivism »