Faire évoluer son site internet
Rien de pire pour l'image d'un cabinet que de présenter en ligne un site figé : celui-ci doit évoluer en permanence
 

Il n’y a rien de pire pour l’image d’un cabinet d’avocat que de présenter en ligne un site « figé ». Même si le cabinet est doté d’un simple site «  vitrine », il peut et doit le faire évoluer, que ce soit au niveau de son contenu ou de sa technologie. Car si le site doit durer, il doit aussi évoluer en permanence dans le temps, l’efficacité étant de gérer le changement tout en restant dans la continuité… et en respectant la déontologie.

Pourquoi faire évoluer son site ?
Le site du cabinet doit évoluer et s’enrichir, tant au niveau de ses contenus que de ses médias, pour :
• être vivant ;
• surprendre ;
• être lu et repéré par les moteurs de recherche  et, donc, être mieux référencé ;
• tenir compte des évolutions technologiques (vidéos, identités sonores…) et des habitudes des internautes (lecture sur smartphones) ;
• prendre en compte la mondialisation.
Aussi, il convient de travailler sur la dynamique et l’évolution de son site dès sa conception, puis de prévoir des étapes de simples mises à jour, d’évolutions, de véritables refontes, touchant le contenu –textes/design- ou la technologie, selon les 10 pistes proposées ci-dessous.

Adapter le contenu à votre stratégie de développement
Le site sera tout d’abord mis à jour en ce qui concerne son contenu. Il peut s’agir, par exemple, d’actualiser :
• ses domaines d’intervention ;
• des certificats de spécialisation obtenus ;
• de nouveaux secteurs d’activité explorés ;
• l’exercice de nouveaux métiers désormais autorisés dans la profession ;
• la liste de son équipe, de ses partenaires ou de ses correspondants à l’étranger…
L’objectif est ici de faire correspondre le contenu du site avec sa stratégie de développement, en mettant en avant les domaines d’expertise, juridiques ou sectoriels, que le cabinet souhaite développer.

Ajouter de nouvelles rubriques…
Toujours au niveau de son contenu, le site pourra s’enrichir en proposant de nouvelles rubriques aux internautes. Citons quelques exemples :
• une rubrique « actualités », animant la homepage, qui peut facilement être alimentée par le cabinet via une solution WordPress ;
• une rubrique « publications », dès lors que le cabinet commence à publier ou à être cité, interviewé ou à communiquer sur les deals sur lesquels il intervient ;
• une rubrique « conférences » si le cabinet intervient en conférences, formations, séminaires, petits déjeuners…. ;
• une rubrique « honoraires » ou « prix », recommandée par le Conseil national des barreaux (CNB), dans son Vade Mecum de mars 2016, afin de se mettre en conformité avec l’obligation de prévisibilité des honoraires (loi Macron du 6/8/15 pour la croissance et l’activité modifiant l’article 10 de la loi du 31/12/71) et les disposition du Code de la consommation.

…et en éviter ou en supprimer certaines
En revanche, il est déconseillé d’ajouter au site des commentaires ou des notes des clients du cabinet.

Le CNB, dans son Vade mecum de mars 2016, indique en effet, à cet égard que toutes mentions dont on ne peut garantir « ni la provenance, ni la véracité, ni l’objectivité » sont contraires aux principes essentiels de la profession. Il souligne qu’il est facile pour toute personne, « y compris l’avocat » de se faire passer pour son client et de déposer un commentaire positif ou non, la publicité étant alors « déguisée à l’égard du client potentiel à la recherche d’un client sur internet ». En outre, même si le commentaire provient bien du client, cet avis ne se base que sur une expérience personnelle et subjective de consommation et ne répond pas à l’objectif d’informer le public. Enfin, le CNB estime qu’en n’affichant que les commentaires positifs, l’avocat ne garantit pas une présentation juste et sincère de la nature des services proposés. De façon plus générale, diffuser des commentaires faisant l’éloge de l’avocat ou du cabinet constitue un «  manquement aux principes de délicatesse, de modération, de dignité », l’avocat étant automatiquement responsable des commentaires publiés.

Par ailleurs, dans le même sens, la Cour d’appel de Paris a condamné, le 15 décembre 2015, le site « avocat.net » qui proposait des notations d’avocats.

Proposer de nouvelles fonctionnalités
Le site peut aussi évoluer pour aller au-delà d’un simple site vitrine, en proposant :
• une newsletter, qui permet au cabinet de fidéliser sa clientèle, mais aussi de cibler de nouveaux prospects, inconnus du cabinet ;
• des consultations en ligne ;
• un intranet pour que ses clients puissent accéder à leurs dossiers et à certains avantages (documentations, services privilégiés…).

Ces nouvelles fonctionnalités permettront au cabinet de mieux se distinguer et de sortir du lot.

Il est également primordial de mieux sécuriser son site. L’étude MyCercle (publiée en mars 2016 et menée sur 1 840 cabinets dans 13 barreaux) fait, en effet, apparaître que la grande majorité des cabinets utilisent encore très peu internet pour échanger avec leurs clients. Les sites sont surtout des vitrines, la partie dynamique se limitant à  un formulaire de prise de contact et d’informations juridiques : 1 cabinet sur 100 offre des fonctionnalités réservées aux clients et est équipé d’espace client sécurisé, les échanges avec les clients se faisant le plus souvent par mails et pièces jointes, de façon non sécurisée.

Augmenter le nombre de liens
Le site a tout intérêt à s’ouvrir sur l’extérieur et à croiser les liens pour améliorer son référencement et augmenter ainsi le nombre de visiteurs. Dans ce but, il faudra, dans les deux sens, prévoir davantage de liens vers d’autres sites, mais pas n’importe lesquels.

Il est ainsi interdit de prévoir des liens hypertextes vers des sites dont le contenu serait contraire aux principes essentiels de la profession. Par sécurité, le CNB recommande ici de limiter ses liens à des sites institutionnels. Le site pourra se doter d’une page « Liens utiles », renvoyant vers des sites de secteurs sur lesquels le cabinet intervient (sites institutionnels, juridiques ou sectoriels, nationaux, européens, internationaux…) pour que le site devienne un site « carrefour » de ces secteurs. Le CNB met aussi en garde contre les liens renvoyant vers des pages personnelles sur les réseaux sociaux, ce qui peut créer une confusion entre la vie privée et professionnelle et porter atteinte à la dignité de la profession.

Concernant les liens sponsorisés : le CNB rappelle que l’avocat peut acheter des liens sponsorisés sur internet pour référencer son cabinet. Cette démarche relève de la publicité personnelle et est autorisée si les liens correspondent, bien sûr, à une activité et une compétence réelle du cabinet.

Le cabinet pourrait également essayer d’obtenir des liens depuis d’autres sites vers son site.

À noter que le cabinet n’est plus tenu de communiquer à l’Ordre les nouveaux liens de son site, comme il était exigé auparavant. Pour se protéger, il est conseillé de prévoir dans les mentions légales une clause d’exclusion de responsabilité civile en ce qui concerne les liens hypertextes prévus sur le site. Toutefois, le cabinet demeurera responsable sur le plan disciplinaire.

Proposer des versions du site en langues étrangères
Le site, mis en ligne au démarrage en langue française, sera utilement traduit, par la suite, en langue anglaise et en d’autres langues étrangères (selon la clientèle du cabinet) pour tenir compte de la mondialisation et du caractère «  sans frontière » du net.
Ces versions étrangères seront prévues dès la conception du site pour faciliter l’intégration des versions étrangères.

Mettre à jour les photographies
Au-delà des textes, les photographies du site doivent être régulièrement remplacées, qu’il s’agisse :

• des photos des avocats, qui doivent refléter l’esprit de leur cabinet et la personnalité de l’avocat, seront renouvelées pour correspondre aussi à leur âge. Les photos des nouveaux arrivants seront harmonisées avec celles des anciens afin d’accentuer l’harmonie de l’équipe ;
• des photos des locaux, qui seront modifiées en cas de déménagement ou de rénovation des locaux du cabinet afin que l’image véhiculée reflète bien la réalité du cabinet ;
• des illustrations des nouveaux domaines d’intervention du cabinet, harmonisées elles aussi avec les autres illustrations.

Créer un lien entre le site et les réseaux sociaux
Pour faciliter le partage des informations du cabinet sur le net, le site doit être relié aux réseaux sociaux. Nous conseillons ainsi de prévoir, sur les pages du site, les icônes LinkedIn, Facebook et Twitter avec des liens renvoyant vers les comptes de vos réseaux sociaux, existants ou à créer.
Le cabinet pourra ainsi inviter expressément les destinataires à partager l’information diffusée (publications, actualités…), ce qui permettra de démultiplier la diffusion de vos informations.

Passer sous le CMS WordPress
Sur le plan technique, le passage du site sous WordPress permettra au cabinet :

•  d’avoir une autonomie et une indépendance sur son site ;
•  d’accéder à une gestion simple de l’administration du site ;
•  de mettre à jour très facilement le site en interne, sans être tenu par un prestataire ;
•  de sécuriser le site, la solution étant tout à fait adaptée à un site « vitrine » ;
•  d’améliorer le référencement du site ;
•  de faire intervenir plusieurs contributeurs sur le site ;
•  de bénéficier d’un grand choix de thèmes (modèles), complets, design et modernes, répondant aux dernières normes et évolutions du web actuel et retro-compatibles avec d’anciens navigateurs.

Prévoir le mode responsive design

Toujours sur le plan technique, il est essentiel aujourd’hui de mettre en ligne un site responsive design afin qu’il soit accessible et lisible sur toutes tailles d’écran (ordinateurs, tablettes, téléphones portables). De nombreux thèmes WordPress prévoient cette fonctionnalité. C’est un critère important du choix du thème.