Entre les traducteurs in house, les freelances et les agences spécialisées, le marché de la traduction et de l’interprétariat juridiques se distingue par la disparité de ses acteurs et de la qualité des prestations. Tour d’horizon.

« Le traducteur juridique doit avoir des connaissances très poussées de la langue source, de la langue cible et des systèmes de droit des deux pays, sinon, on court à la catastrophe », résume Pierre Bastos, président de la Chambre nationale des entreprises de traduction (CNET), qui milite pour une meilleure réglementation de la profession. De fait, une erreur de traduction dans un contrat peut avoir des conséquences dramatiques. « Les entreprises de traduction doivent souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle pour la traduction juridique, tout comme pour la traduction dans les domaines aéronautique et pharmaceutique », souligne-t-il.

Ressources internes
Dans les cabinets d’avocats, certains ont opté pour un traducteur in house. Le bureau parisien d’Herbert Smith Freehills a ainsi créé il y a quinze ans un département traduction, dans lequel travaillent actuellement deux traductrices à plein temps, Whitney Sanford et Charlotte Daubigney. « Cela nous permet de garantir la confidentialité des documents car nos clients sont souvent réticents à l’idée de les envoyer à traduire à l’extérieur, commente Rebecca Major, associée du département Énergie et infrastructures. De plus, nos traductrices sont rapides, fiables et ont une connaissance très approfondie de la terminologie juridique. » Toutes deux traduisent du français vers l’anglais, et le département contentieux est celui qui génère le plus de documents à traduire.
Si le bureau parisien de Shearman & Sterling mise également sur ses ressources internes, c’est en revanche sur celle de ses avocats. Pour les documents courts, le cabinet peut confier la traduction à l’un des collaborateurs de ses nombreux bureaux – sous réserve que le temps passé à la traduction n’excède pas en coût celui d’un traducteur. Il peut également s’appuyer sur ses ressources internes pour certains documents volumineux lorsqu’une traduction n’est pas nécessaire mais qu’il faut pouvoir lire et analyser la documentation et les pièces d’un dossier. « En arbitrage et en contentieux, nous n’avons pas forcément besoin de traducteurs car nous avons dans nos équipes des personnes capables de lire et comprendre la documentation, très volumineuse, en espagnol, en portugais, en chinois, en arabe ou en russe », explique Yas Banifatemi, associée au sein de l’équipe arbitrage international. Dans les autres cas, le cabinet utilise les services de traducteurs externes.

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