Si le poids et l’importance de la fonction juridique ne cessent de grandir au sein des entreprises, son rôle reste encore souvent à clarifier. Business partner ou gardien du temple, that is the question. En fonction de la culture juridique de l’entreprise, du secteur d’activité, du profil même de l’entreprise, les attentes vis-à-vis du juridique peuvent varier. Où et comment le juriste d’entreprise peut-il positionner le curseur entre ces 2 rôles ?

Business Partner

1. Être un business partner en éclairant et participant à l’élaboration de la stratégie
– Avoir un rattachement hiérarchique au plus haut niveau (président, secrétaire général) et pas à la finance ;
– Développer les messages-clés de la fonction juridique (30 3 30©) ou mission statement pour faire comprendre à l’ensemble de l’entreprise, à commencer par le top management, ce que peut faire le juridique, au-delà du contractuel ;

Faire comprendre à l’ensemble de l’entreprise, à commencer par le top management, ce que peut faire le juridique, au-delà du contractuel

– Identifier, aller chercher si nécessaire les objectifs stratégiques de l’entreprise ;
– Valoriser la fonction juridique et sa valeur ajoutée grâce à des KPIs (indicateurs de performance) pertinents.
2. Être un business partner en facilitant l’exécution du business par une anticipation des problèmes et des risques
– Identifier les impacts juridiques de la stratégie ;
– Analyser et adapter les ressources (interne et externe) juridiques nécessaires pour accompagner la mise en œuvre de la stratégie, ce qu’on appelle le subject matter gap analysis ;
– Développer le Business & Legal planning en allant échanger régulièrement (trimestriellement par exemple) avec les opérationnels pour connaitre les principaux projets business et identifier les implications juridiques en amont… et la charge de travail afférente pour le juridique ;
– Participer aux réunions business des opérationnels régulièrement.
3. Être un business partner en accompagnant et en communiquant en permanence avec les opérationnels
– Faire comprendre ce que fait le juridique (30 3 30©) ;
– Développer une politique contractuelle qui définit des clauses types, des contrats types mais aussi ce qui relève expressément du juridique, ce qui doit être délégué aux opérationnels sur la base de modèles types et en fonction de certains seuils/critères, ce qui ne doit pas passer par le juridique, ce qui doit être externalisé ;
– Former les opérationnels sur les risques et l’utilisation des contrats ;

Aider à la prise de décision en parlant business… et pas juridique

– Aider à la prise de décision en parlant business… et pas juridique ;
– Développer les compétences en gestion de projet juridique.
4. Être le gardien du temple en éclairant l’entreprise sur les risques et les rendre appréhendables
– Valider le niveau de risque acceptable par le top management ;
– Cartographier les risques juridiques (et compliance) de l’entreprise en fonction de leur intensité et de leur occurrence ;
– Prioriser le travail à forte valeur ajoutée sur les risques principaux ;
– Former les opérationnels sur la notion de risque.

Comment, en tant que top management d’une entreprise, pourrais-je attendre de la fonction juridique un rôle si je ne sais pas qu’elle peut remplir ce rôle ?

Le rôle de gardien du temple et/ou de business partner dépend fortement de la maturité juridique de l’organisation. Il dépend aussi en grande partie du directeur juridique et de sa capacité à avoir une vision du rôle du juriste, à « vendre » cette vision à l’entreprise ainsi qu’à la mettre en œuvre. Très souvent, le management n’a qu’une vision parcellaire de la fonction juridique qu’il peut assimiler uniquement à une machine à contrat. Or comment, en tant que top management d’une entreprise, pourrais-je attendre de la fonction juridique un rôle si je ne sais pas qu’elle peut remplir ce rôle ?

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