Entre résilience et nouvelle montée des risques

Paru dans LJA Magazine, N°45 du 01/11/2016

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Miren Lartigue. ©Benjamin Boccas
Miren Lartigue, Rédactrice en chef LJA Le Mag

Une croissance modérée dans une période complexe. C’est ainsi que la Commission européenne présente ses dernières prévisions (novembre 2016) quant à la croissance économique en 2017 : 1,5 % pour le PIB de la zone euro et 1,6 % pour le PIB de l’ensemble de l’UE. Selon la Commission, la hausse de la consommation privée, le faible coût du crédit et la réduction des déficits publics dans la zone euro devraient être autant de paramètres favorables, contrebalancés par d’autres facteurs qui pèsent sur ces perspectives : les incertitudes politiques (dont le Brexit et les risques de dégradation de conflits géopolitiques), la perte de vitesse de la croissance en dehors de l’UE et la faiblesse des échanges mondiaux, et le fait que l’économie européenne ne bénéficiera plus à l’avenir du soutien de la chute des prix du pétrole et de la dépréciation monétaire (l’inflation dans la zone euro devrait d’ailleurs repasser la barre de 1 % en 2017). Reste qu’au final, le PIB de l’UE est aujourd’hui plus élevé qu’avant la crise, et tous les États membres tirent parti – à des degrés divers – de la reprise actuelle alors que la croissance du PIB mondial a poursuivi son repli et devrait s’établir cette année à son niveau le plus bas depuis 2009. En dépit des ravages de la crise financière et de la montée des risques géopolitiques, la résilience des économies européennes face aux ruptures et aux incertitudes semble donc vouloir définitivement se confirmer.

La résilience des économies européennes face aux ruptures et aux incertitudes semble donc vouloir définitivement se confirmer

Quid de la France dans ce contexte ? Selon les dernières prévisions (fin octobre 2016) de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les perspectives de l’économie française s’améliorent, après trois années de croissance très faible (0,5 % en moyenne entre 2012 et 2014), et un modeste rebond en 2015 (1,2 %) tiré par la baisse des prix du pétrole, la dépréciation de l’euro et une consolidation budgétaire moins forte que par le passé. Selon l’OFCE, la moins bonne performance de la croissance française par rapport à celle de la zone euro s’explique, outre le fait que l’Hexagone ait mieux résisté sur la période 2008-2013, par un ajustement budgétaire plus conséquent que celui de ses voisins européens sur la période 2014-16, et par la maigre contribution de ses exportations à la croissance. Au final, la croissance du PIB français devrait plafonner à 1,4 % en 2016 et atteindre 1,5 % en 2017, la politique budgétaire nationale ne pesant plus sur le PIB, mais la France devra faire face à l’impact négatif du Brexit sur le commerce extérieur et celui des attentats sur la fréquentation touristique. Ainsi, comme chez ses voisins et partenaires européens, l’économie française se redresse peu à peu. Mais elle est loin d’avoir effacé tous les stigmates de la crise et les traumatismes liés aux attaques terroristes et aux tensions géopolitiques.