Dans une lettre ouverte rendue publique le 4 novembre dernier, l’Association française des juristes d’entreprise (AFJE) et le Cercle Montesquieu (association de directeurs juridiques) invitent tous les candidats au bâtonnat à prendre position sur la reconnaissance du principe de confidentialité des avis des juristes d’entreprise en France.

Après avoir rappelé que « les avocats et les juristes d’entreprise forment une même communauté » et que « le secret, la confidentialité sont des éléments cruciaux pour protéger nos clients », la lettre ouverte signée par les deux associations représentatives des juristes d’entreprise souligne que, si les avocats portaient à leurs côtés l’adoption du principe de confidentialité, ces derniers « se concentreraient sur l’intérêt des citoyens, des entreprises et du droit en général » et « seraient les acteurs d’une vision dynamique de l’État de droit » : « Ensemble, nous pèserions pour montrer que la modernité est de notre côté. »

Alors que « les juristes exerçant en entreprise se trouvent privés des moyens nécessaires à la juste défense des intérêts des entreprises françaises », « quelques avocats, voire des institutions plus ou moins représentatives, se sont dressés pour empêcher ce rééquilibrage indispensable pour notre économie », peut-on lire, à propos des dernières tentatives des juristes pour faire adopter le principe de confidentialité par le législateur : « ils n’ont en fait qu’assombri encore un peu plus l’horizon des avocats, et tout particulièrement des plus jeunes », « ils se sont ainsi enfermés dans le bunker des vanités ».

Une position qui, selon l’AFJE et le Cercle Montesquieu, « s’appuie sur une vision ringarde des juristes d’entreprise », lesquels sont en réalité « au moins aussi qualifiés que les avocats » et sont aujourd’hui « un des rouages essentiels de la stratégie d’une entreprise ». Enfin, ils sont « aussi indépendants que les avocats libéraux » et disposent « via l’association dont ils sont membres, d’un code de déontologie et ont accès à des formations spécialisées ». Aussi, « nous vous invitons donc officiellement à nous faire savoir si vous entendez supporter notre demande de reconnaissance du principe de confidentialité des avis des juristes d’entreprise », conclut la lettre ouverte aux candidats au barreau de Paris et autres candidats au bâtonnat en France.

En savoir plus : lire la lettre (sur la page LinkedIn de l’AFJE)