Aurélien Hamelle, un avocat en entreprise

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Aurélien Hamelle, directeur juridique du groupe Total ©Benjamin Louis
Aurélien Hamelle, directeur juridique du groupe Total ©Benjamin Louis

En mars 2016, Aurélien Hamelle a tombé la robe pour rejoindre le monde de l’entreprise. En intégrant la direction juridique du groupe Total en tant que directeur adjoint, celui qui a fait ses armes chez Freshfields, Metzner Associés et plus récemment Allen & Overy compte aujourd’hui mettre son expérience au service de ses nouvelles fonctions.

Pourquoi avoir décidé de quitter la profession d’avocat pour rejoindre Total ?
Aurélien Hamelle : En réalité, je ne considère pas avoir quitté la profession d’avocat. Je continue aujourd’hui de faire le même métier mais au sein d’une entreprise. C’est une vision très franco-française de croire qu’avocat, juriste en entreprise, procureur ou juge sont des métiers radicalement différents. C’est pour cela que j’ai rejoint Total. C’est l’occasion d’orienter ma pratique vers la gestion des risques, un angle que l’on ne peut réellement aborder qu’en entreprise, où la matière juridique est véritablement un outil de régulation, stratégique et transversal. Un groupe comme Total, qui est au cœur de nombreux enjeux de notre temps comme la régulation environnementale, par exemple, permet de découvrir des problématiques différentes de celles que l’on rencontre en cabinet.

Dans quel sens est-ce toujours le même métier pour vous, et qu’est-ce qui diffère aujourd’hui ?
A.H. : Je fais toujours du droit et je dois toujours proposer des solutions correspondant aux besoins du client. Le vrai changement est que dorénavant je n’ai plus qu’un seul client, même s’il existe plusieurs métiers et profils de risques différents au sein même du groupe. D’ailleurs, en interne, les équipes juridiques parlent des opérationnels comme des clients. Une différence sensible entre la pratique en cabinet et celle en entreprise est que, dans la première, les dossiers se succèdent comme autant de projets isolés, alors qu’en entreprise les juristes sont associés à un projet industriel ou commercial qui s’inscrit dans la durée et qui doit les conduire à maximiser la sécurité juridique des opérations sur le long terme. Je me considère comme un avocat en entreprise, où il faut apprendre à écouter les autres professionnels que l’on côtoie au quotidien et à intégrer leurs contraintes dans notre raisonnement.

Qu’apporte votre précédente expérience d’avocat à vos responsabilités actuelles ?
A.H. : L’exercice de mon métier en entreprise est assurément guidé par mon expérience d’avocat spécialisé en contentieux, pénal des affaires et en regulatory. J’ai passé quinze années à traiter des dossiers dans lesquels mes clients subissaient les conséquences de risques juridiques. Cela me permettra de mieux les anticiper tout en ayant conscience des approches qui marchent et de celles qui ne marchent pas aux yeux des régulateurs et des tribunaux.

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