Apprendre à travailler ensemble

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« Mais qu’allons-nous devenir ? »

Cette question, je l’entends souvent. Une question posée, parfois comme une supplique; il y a quelques années par les avoués, puis par les avocats, aujourd’hui les notaires, demain par les experts comptables, les huissiers et bien d’autres.

Mutations technologiques, évolution rapide des métiers et de l’environnement réglementaire, nouveaux concurrents, nouveaux métiers… C’est une porte ouverte de dire que tout change. Et vite !

Il n’existe pas de recette miracle pour aborder tous ces bouleversements, une chose est certaine: il va falloir faire autrement ! Car nous comprenons tous que les recettes d’hier sont dépassées, ou le seront très vite.

Une des solutions les plus évidentes, quel que soit notre environnement de travail, est d’apprendre à « travailler ensemble », car cela correspond à un phénomène global qui révolutionne nos vies : le mode collaboratif.

Travailler ensemble et non pour ou avec

Travailler ensemble, c’est réunir plusieurs personnes autour d’un objectif ou d’un projet commun. La formulation peut paraître simple, voire simpliste, mais dès qu’il s’agit de passer à la mise en œuvre, les choses se compliquent sérieusement.

Travailler ensemble se distingue notamment du travailler pour ou avec.

Dans « l’ancien monde », on travaillait pour. Une assistante ou un collaborateur (au sens générique du terme) travaillait pour son patron.

Aujourd’hui, assistantes et collaborateurs travaillent avec leurs collègues ou leur patron, et celui-ci doit apprendre à le vivre comme tel. La vision hiérarchique de l’entreprise s’estompe à mesure que le travail collaboratif prend le pas et il nous faut tous apprendre ces nouveaux codes, naturels pour les générations Y et Z.

Dans le travailler ensemble, il ne s’agit plus seulement de l’interaction entre individus, chacun poursuivant un objectif, mais de la mise en commun de personnes, entreprises, métiers ou compétences au service d’un projet ou objectif commun.

Et cela concerne tout le monde…

Travailler ensemble concerne ainsi toutes les fonctions et métiers d’un cabinet, d’une étude ou d’une entreprise.

Si le juriste d’entreprise est, de par la nature même de son travail, appelé à travailler ensemble avec d’autres métiers ou fonctions, la démarche est plus nouvelle et délicate pour les professionnels libéraux.

A mesure que le cabinet ou l’étude se structurent, de nouvelles fonctions voient le jour : Office Manager, comptable, DRH, DSI, Responsable des Services Généraux… Et tout le monde doit apprendre à travailler ensemble.

Au demeurant, la liste des nouveaux interlocuteurs ne cesse de s’allonger, matérialisant la transformation profonde des métiers du droit: community manager, brand manager, business developper…

Quelques bonnes pratiques à adopter

Respect des règles: pour pouvoir travailler ensemble, la première règle est précisément de … fixer des règles. Ce sont elles qui permettent de passer du travailler avec au travailler ensemble. Il s’agit, en quelque sorte, de « poser le cadre »: objectif, calendrier, horaires, rôle de chacun…

La différence est un vecteur essentiel : c’est en quelque sorte le fondement même du travailler ensemble. Il faut apprendre à accepter que l’autre est, par nature, différent de nous et que loin d’être un obstacle, c’est précisément la richesse de la différence qui justifie de passer au mode collaboratif.

Pas de place pour les comportements individualistes: chacun est, en effet, une pierre de l’édifice. Aucun de ceux qui participent au projet ne peut réussir seul. Les comportements individualistes sont donc à proscrire et c’est ce qui a permis à l’équipe de France de football de remporter la Coupe du Monde en 1998.

Travailler ensemble, c’est collaborer

Une étude publiée par la Harvard Business Review en 2009 établit un lien très clair entre performance et travail collaboratif. L’explosion du nombre de données rend impossible le traitement de celles-ci par un seul individu. De même, le champ des connaissances est aujourd’hui trop étendu pour prétendre à un génie universel.

L’ensemble des études scientifiques prouve de manière irréfutable que le travail collaboratif produit de meilleurs résultats que le travail en silo, y compris des meilleurs experts.

La sémantique reflète fort bien cette tendance de fond au « co »: co-voiturage, co-location, co-financement, co-développement…
Le co-développement et autres méthodes de mise en oeuvre de l’intelligence collective, très en vogue, répondent à cette capacité à faire émerger des solutions innovantes et pertinentes.

La prochaine étape: collaborer entre professions et avec les machines
Le travail en mode collaboratif avec d’autres fonctions, d’autres métiers, d’autres cultures sera certes nécessaire, mais il sera insuffisant face aux défis que posent le web, la globalisation est le tsunami qui se profile avec le développement de l’Intelligence Artificielle.
Le travail collaboratif devra donc intégrer ces Intelligences Artificielles dans le travailler ensemble car on ne pourra plus travailler sans !
C’est l’intelligence collective du travailler ensemble, intégrant l’Intelligence Artificielle, qui permettra alors de répondre à la question « que vais-je devenir? » : une femme ou un homme de son temps !
Henry Ford : « Se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite ».

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William Cargill
Energique, passionné et entrepreneur dans l’âme, William aime innover, sortir des sentiers battus et développer le potentiel humain. Particulièrement au fait de la spécificité du métier d’avocat (qu’il a exercé), William a pu mesurer, au travers de son parcours d’Avocat d’affaires, de chasseur de têtes, de coach et de formateur, l’importance de l’Humain dans le monde professionnel. Depuis plus de quinze années, William accompagne ses clients, en France et à l’étranger, avec pour objectif que son intervention leur permette de franchir une étape, de retrouver du confort et de développer leur potentiel. Attaché aux notions de sens et d’équilibre, il est le fondateur de Deinceps (www.deinceps.com), cabinet d’accompagnement dédié aux avocats et aux dirigeants. Formé au coaching à HEC Paris et au coaching des Organisations par François Vergonjeanne (méthode TOB), William est particulièrement sensible aux sujets touchant aux transitions. William aime voyager (notamment en Afrique), établir des ponts entre les gens et les cultures, la philosophie et pratique la plongée sous-marine.